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Tanzanie invite AIEA pour évaluer son programme électronucléaire

La Tanzanie franchit une étape réglementaire clé avec l’AIEA

La Tanzanie a invité l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à évaluer sa préparation pour le développement d’un programme électronucléaire civil. Cette étape, annoncée le 5 juillet 2026, s’inscrit dans une stratégie de diversification énergétique visant à garantir une électricité de base stable face à une demande croissante, tout en s’appuyant sur des ressources locales en uranium.

La Tanzanie franchit une étape réglementaire clé avec l’AIEA

Le 5 juillet 2026, lors de la 50e édition de la Foire commerciale internationale de Dar es Salaam, le professeur Najat Kassim Mohamed, directrice générale de la Commission tanzanienne de l’énergie atomique (TAEC), a officialisé l’invitation adressée à l’AIEA. Selon les informations rapportées par Africa Sustainability Matters, cette démarche constitue une avancée concrète dans l’ambition du pays de produire de l’électricité d’origine nucléaire d’ici sept ans, sous réserve de la validation des jalons internationaux.

Le processus d’introduction de l’énergie nucléaire est strictement encadré par l’agence onusienne. La Tanzanie doit franchir 19 jalons répartis sur trois phases distinctes. La première de ces phases, actuellement au cœur des préoccupations de la TAEC, exige la mise en place d’un cadre juridique solide, d’une autorité de régulation indépendante et de systèmes rigoureux de sécurité et de sûreté nucléaires. Les autorités tanzaniennes assurent que les infrastructures de production ne seront envisagées qu’une fois ces fondations réglementaires solidement établies.

Un mix énergétique face à l’essor industriel

Le choix de l’atome ne se fait pas dans l’isolement. Il répond à une pression accrue sur les réseaux électriques nationaux, alimentée par l’urbanisation rapide et les objectifs d’industrialisation du gouvernement. Si les énergies renouvelables — solaire, éolien et hydraulique — demeurent des piliers de la transition africaine, le nucléaire est perçu comme une source de « charge de base » indispensable pour soutenir la transformation économique, notamment dans les secteurs de la minéralogie et de la manufacture.

La Tanzanie dispose par ailleurs d’un atout géographique majeur : ses réserves d’uranium. Le projet Mkuju River, situé dans la région de Ruvuma, abrite le gisement de Nyota, dont les ressources sont estimées à 152 millions de tonnes de minerai d’uranium, selon les données associées à Mantra Tanzania, filiale du groupe russe Rosatom. Cet intérêt pour l’uranium local s’inscrit dans un contexte où les investissements étrangers dans le secteur minier tanzanien se multiplient, renforçant l’argument en faveur d’un cycle du combustible intégré.

Le contraste avec le secteur pétrolier ghanéen

Le contraste avec le secteur pétrolier ghanéen

Alors que la Tanzanie se tourne vers l’avenir nucléaire, d’autres nations africaines comme le Ghana tentent de stabiliser leurs revenus pétroliers matures. Le champ offshore Jubilee, premier site commercial d’hydrocarbures du Ghana, a connu une trajectoire divergente, marquée par six années de déclin avant un récent rebond. Comme le souligne Africa Sustainability Matters, la production est passée d’environ 59 000 barils par jour (bpd) au quatrième trimestre 2025 à un pic dépassant les 85 000 bpd à la fin du deuxième trimestre 2026.

Ce redressement, piloté par Kosmos Energy, illustre la dépendance critique des économies régionales aux revenus des ressources naturelles. Le déclin antérieur avait durement frappé les finances publiques : les revenus pétroliers du Ghana étaient passés d’environ 1,35 milliard de dollars en 2024 à environ 769 millions de dollars en 2025. Cette chute, exacerbée par une baisse de 32,8 % de la production de Jubilee au premier semestre 2025, a forcé le pays à repenser sa stratégie d’exploitation.

Le succès du forage du puits J76, qui contribue actuellement à hauteur de 20 000 bpd, offre un répit fiscal au gouvernement ghanéen. Toutefois, cette relance pétrolière souligne, par contraste avec les ambitions tanzaniennes, la volatilité inhérente aux modèles basés sur les combustibles fossiles, poussant les décideurs africains à explorer des alternatives technologiques comme le nucléaire pour sécuriser leur souveraineté énergétique à long terme.

Perspectives et incertitudes

Pour la Tanzanie, l’enjeu des sept prochaines années sera de maintenir le cap sur les exigences de l’AIEA tout en attirant les financements nécessaires. Le pays se trouve à un tournant : passer d’une nation riche en ressources brutes à un acteur capable de maîtriser une technologie complexe pour alimenter son développement. La réussite de cette transition dépendra autant de la rigueur de sa conformité aux normes internationales que de sa capacité à intégrer le nucléaire dans un mix énergétique où le gaz naturel et l’hydroélectricité occupent déjà une place prépondérante.

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