Tanzanie : Coupure d’internet suivie de menaces face à la diffusion d’images sensibles après les élections
Dar es Salaam, Tanzanie – Après une coupure d’internet de six jours, la Tanzanie tente de reprendre un semblant de normalité, mais la situation reste tendue suite aux contestations électorales. Lundi soir,les utilisateurs de téléphones portables ont reçu des SMS alarmants,les avertissant que le partage d’images susceptibles de provoquer la panique ou de dénigrer la vie humaine serait passible d’accusations de “trahison”.
Ces messages sont apparus après la reconnexion d’internet, alors que des images non vérifiées, prétendant montrer des victimes des manifestations électorales, commençaient à circuler. Une page de réseau social, rapidement devenue populaire avec des milliers d’abonnés, diffusait des vidéos et des photos de prétendues victimes avant d’être supprimée lundi soir.
La coupure d’internet, qui a débuté la semaine dernière, coïncidait avec des manifestations post-électorales et un couvre-feu imposé par le gouvernement. Mardi, la vie revenait progressivement à la normale dans les principales villes de dar es Salaam et Dodoma, avec la réouverture des stations-service, des épiceries et la reprise des transports publics.
Le gouvernement a ordonné lundi le retour au travail de tous les fonctionnaires, mettant fin à la mesure de télétravail mise en place après l’instauration du couvre-feu.
Contexte et enjeux :
La Tanzanie a connu des élections contestées, soulevant des inquiétudes quant à la transparence du processus électoral et au respect des libertés fondamentales. La coupure d’internet et les menaces envers les citoyens qui partagent des informations sensibles soulèvent des questions sur la liberté d’expression et l’accès à l’information dans le pays.
Les coupures d’internet sont devenues une tactique récurrente dans plusieurs pays africains lors de périodes de tensions politiques ou de manifestations, souvent justifiées par des préoccupations de sécurité nationale. Cependant, ces mesures sont largement critiquées par les organisations de défense des droits de l’homme et les défenseurs de la liberté de la presse, qui les considèrent comme une tentative de museler la dissidence et de contrôler le récit.
La situation en Tanzanie souligne la fragilité des démocraties africaines et la nécessité de garantir le respect des droits fondamentaux, notamment la liberté d’expression et l’accès à l’information, pour assurer une participation citoyenne éclairée et une gouvernance responsable.
