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Tanzanie : Amnesty International réclame la publication du rapport sur les tueries électorales

Tanzanie : Le silence pesant sur le rapport des 518 morts électorales

DAR ES SALAAM — Alors que le rapport de la Commission d’enquête sur les violences ayant suivi les élections générales d’octobre 2025 a été remis à la présidente Samia Suluhu, l’opacité entourant ses conclusions ravive la douleur des familles et soulève des questions cruciales sur l’impunité en Tanzanie.

Le chiffre est glaçant : au moins 518 personnes sont mortes de causes non naturelles, dont nombre par balles. Ce constat, issu des conclusions de la Commission d’enquête, place désormais le gouvernement tanzanien face à une exigence pressante de vérité. Pour les observateurs et les familles des victimes, le refus de rendre ce document public n’est pas seulement un manque de transparence, c’est une injustice supplémentaire.

Un bilan humain alarmant

L’enquête révèle que ces centaines de vies ont été fauchées par l’action des forces de sécurité. Les rapports font état d’un usage disproportionné, voire illégal, de la force létale pour réprimer les manifestations. Des munitions réelles et des gaz lacrymogènes ont été tirés à bout portant sur des individus qui ne représentaient aucune menace immédiate.

Un bilan humain alarmant
Commission Samia Suluhu Samia

Au-delà des décès, le tableau décrit une répression systématique : passages à tabac, mauvais traitements et déni d’accès aux soins pour les blessés. Dans certains cas, les autorités auraient même procédé à l’enlèvement de corps de victimes depuis les morgues, tout cela dans un contexte de coupures généralisées d’internet et d’électricité visant à isoler le pays.

Le poids du secret d’État

La Commission d’enquête avait été instaurée le 14 novembre 2025 par la présidente Samia Suluhu, après un scrutin du 29 octobre où elle a couru sans opposition. Cependant, alors que le rapport est désormais entre ses mains, le refus de le diffuser publiquement crée un blocage institutionnel.

Amnesty International raises alarm over human rights violation in Tanzania ahead of general election

Flavia Mwangovya, responsable régionale pour l’Afrique de l’Est et australe, souligne l’urgence de la situation : « Retenir le rapport de la Commission d’enquête est un coup porté à la transparence, laquelle est essentielle pour parvenir à l’imputabilité. » Selon elle, les familles doivent pouvoir interroger les procédures suivies, les conclusions et les bases juridiques de l’enquête pour comprendre comment et pourquoi leurs proches ont été tués.

Un cycle d’impunité ?

L’enjeu dépasse le simple cadre d’un rapport administratif. Pour les défenseurs des droits humains, ce silence s’inscrit dans un schéma récurrent en Tanzanie, où les rapports officiellement commandés restent souvent confidentiels, protégeant ainsi ceux qui ont ordonné ou exécuté les violations.

Un cycle d'impunité ?
Tanzanie Pour

L’appel est désormais clair : les autorités doivent révéler les circonstances exactes de chaque décès et identifier les responsables de la chaîne de commandement. Si des restrictions à la transparence sont nécessaires pour protéger la vie privée ou la sécurité des victimes, elles doivent être limitées à des biffures précises et ne jamais servir de bouclier pour garantir l’impunité.

L’intérêt public exige aujourd’hui que la lumière soit faite sur ces 518 vies disparues, afin que le processus de justice puisse enfin débuter.

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