Mexique : Polémique autour des propos d’un responsable culturel sur la littérature féminine
Mexico – Une vive controverse agite le Mexique suite aux déclarations de paco Taibo II, responsable de la campagne de diffusion de livres “25 pour 25”, qui a exprimé son désaccord quant à l’inclusion de livres écrits par des femmes dans une collection destinée à promouvoir la lecture en Amérique latine.
Lors d’une conférence de presse en compagnie de la présidente Claudia Sheinbaum, Taibo II a affirmé qu’un recueil de poèmes écrit par une femme, s’il était jugé “horriblement dégoûtant et mauvais”, ne méritait pas d’être distribué, même pour respecter un quota. Ces propos, rapidement qualifiés de misogynes sur les réseaux sociaux, ont suscité une onde de choc.
La présidente Sheinbaum est intervenue pour annoncer la création d’une collection distincte dédiée aux œuvres d’autrices, en réponse à la polémique.
La campagne “25 pour 25” prévoit la distribution de 2,5 millions de livres en Amérique latine, mettant en avant les auteurs du boom littéraire latino-américain des années 60 et 70. Cette sélection est majoritairement composée d’hommes, incluant des figures emblématiques comme Juan Gelman, Julio Cortázar et Gabriel García Márquez. Bien que Taibo II ait mentionné la présence de quelques autrices dans la collection, comme Noa Fernández et Elena Poniatowska, ses remarques initiales ont éclipsé ces efforts.
Contexte et enjeux : la place des femmes dans la littérature latino-américaine
Cette affaire relance un débat plus large sur la représentation des femmes dans le paysage littéraire latino-américain. Historiquement, les femmes autrices ont souvent été marginalisées et sous-représentées dans les canons littéraires. Des figures comme elena Garro, pionnière de la littérature mexicaine du XXe siècle, ont longtemps été éclipsées par leurs homologues masculins.
La campagne “25 pour 25”, bien qu’ambitieuse dans son objectif de promouvoir la lecture, soulève des questions sur la nécessité d’une représentation équilibrée et inclusive des voix féminines dans la littérature. L’annonce d’une collection dédiée aux autrices est un pas dans la bonne direction,mais la controverse souligne l’importance de continuer à lutter contre les biais sexistes dans le monde littéraire et de valoriser pleinement la contribution des femmes à la culture latino-américaine. La distribution de la collection s’étendra à 14 pays, incluant l’uruguay et le Honduras, malgré des difficultés logistiques au Pérou et en Équateur.
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