Municipales en France : la droite et l’extrême droite grimpent, la gauche résiste
PARIS (AP) – Les élections municipales françaises de ce dimanche marquent une nouvelle étape dans une séquence électorale complexe pour le pays, après le blocage parlementaire de juin 2024. Si le scrutin ne sera définitif qu’après le second tour du 22 mars, les premières projections indiquent une progression notable de la droite et de l’extrême droite, tandis que la gauche maintient sa position dans les grandes villes.
Le Rassemblement National (RN), parti de Marine Le Pen, voit son implantation locale s’étendre considérablement à travers la France. Cette percée est particulièrement significative car le parti a traditionnellement manqué de présence dans les municipalités. Jordan Bardella, président du RN, a salué ces résultats, tout en appelant à une large alliance de droite pour tenter de déloger la gauche et le camp macroniste au second tour. “Le RN tend la main à toutes les listes de la droite, à tous ceux qui rejettent le désordre de la gauche et diluerse dans le macronisme,” a-t-il déclaré.
La participation, estimée à 57,6%, est plus faible qu’en 2014, reflétant une certaine abstention liée aux récentes turbulences politiques et électorales.
Malgré l’avancée de la droite et de l’extrême droite, la gauche semble tenir bon dans les grandes métropoles. À Paris, le candidat de la gauche, Émmanuel Grégoire, devance de plus de dix points Rachida Dati, la candidate conservatrice. Cette dernière devra envisager un pacte avec l’extrême droite pour le second tour. Des situations similaires se dessinent à Marseille, où la bataille est serrée entre la coalition progressiste et l’extrême droite, et à Lyon, où le maire écologiste sortant, Grégory Doucet, tente de se maintenir face à la droite.
L’extrême droite confirme sa capacité à construire une base locale solide, avec des victoires probables dans des villes comme Toulon, avec Laure Lavalette, et Nîmes, où un allié de Marine Le Pen, Éric Ciotti, est en tête avec une avance significative. La victoire de Ciotti à Nîmes est d’autant plus notable qu’elle est liée à son lien étroit avec Marine Le Pen.
La France Insoumise (LFI), le parti de Jean-Luc Mélenchon, a également mis l’accent sur ces élections municipales pour la première fois. Les premiers sondages suggèrent une augmentation de son implantation territoriale et la possibilité de jouer un rôle dans d’éventuelles alliances au second tour. Son porte-parole, Manuel Bonpart, a proposé une “liste antifasciste” pour unir la gauche. LFI pourrait s’avérer indispensable pour conserver Marseille, Lyon et Paris.
L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, actuel maire du Havre, semble quant à lui bien positionné pour être réélu, ce qui renforcerait ses chances de se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Le second tour, le 22 mars, sera crucial. Les candidats ayant obtenu moins de 10% des voix pourront fusionner avec d’autres listes ayant atteint le second tour, à condition de dépasser le seuil de 5%. Ces alliances potentielles détermineront l’équilibre des forces politiques dans le pays.
