La Côte d’Ivoire mise sur l’aquaculture pour réduire sa dépendance aux importations de produits de la mer et stimuler son économie
Abidjan, Côte d’Ivoire – Alors que la demande de produits de la mer continue de croître en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire se positionne comme un leader régional en matière de développement de l’aquaculture, dans le but de réduire sa dépendance aux importations coûteuses et de renforcer sa sécurité alimentaire. Le pays, qui représente à lui seul près de la moitié des 2 milliards de dollars dépensés annuellement par la région pour importer des produits de la mer, investit massivement dans des initiatives visant à stimuler la production locale et à créer des emplois.
Le poisson est un aliment de base essentiel dans les régimes alimentaires ouest-africains, fournissant environ les deux tiers de l’apport en protéines animales. Des plats emblématiques comme le poisson braisé ivoirien et le thieboudienne sénégalais témoignent de l’importance culturelle et nutritionnelle de la ressource. Pourtant, la production locale est mise à rude épreuve par une combinaison de facteurs, notamment la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (IUU) – qui coûte à la région plus de 9 milliards de dollars par an – et les impacts croissants du changement climatique.
“Il est inacceptable que l’Afrique de l’Ouest, riche en ressources naturelles et dotée d’une population jeune et dynamique, dépense autant d’argent pour importer des produits de la mer”, déclare Sidi Tiémoko Touré, ministre ivoirien des Ressources Animales et de la Pêche. “Nous avons le potentiel de ‘pêcher là où se trouvent les poissons’, comme le disait Warren Buffett, et de reprendre le contrôle de notre souveraineté alimentaire.”
La stratégie de la Côte d’Ivoire repose sur un investissement massif dans l’aquaculture, tant en eau douce qu’en eau salée. Le Projet de Développement des Chaînes de Valeur Compétitives en Aquaculture et Pêche Durable (ProDeCAP), doté d’un budget de 25,6 millions de dollars, vise à augmenter la production aquacole annuelle de 35 000 tonnes et à bénéficier indirectement à environ 700 000 personnes, dont la moitié sont des femmes.
Parallèlement, le Programme Stratégique de Transformation de l’Aquaculture en Côte d’Ivoire (PSTACI) se concentre sur la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et dans les zones rurales, le développement de projets pilotes innovants pour attirer les investissements privés, le renforcement de la gouvernance et l’amélioration des capacités nationales en matière de fourniture de produits de la pêche.
Un élément clé de cette transformation est l’investissement de 3 millions de dollars dans un nouveau Hub d’Innovation en Recherche Aquacole (ARIH), en partenariat avec le centre de recherche mondial WorldFish. Ce hub se concentrera sur l’amélioration de l’alimentation, de la génétique et de la santé des poissons, en comblant les lacunes en matière de recherche et d’innovation pour moderniser le secteur.
“WorldFish apporte son expertise mondiale à l’Afrique de l’Ouest, s’appuyant sur 50 ans d’innovation dans la pêche et l’aquaculture à petite échelle”, explique le Dr Essam Yassin Mohammed, Directeur Général de WorldFish. “En 2023 seulement, nous avons développé 70 innovations, formé près de 120 000 petits pêcheurs, agriculteurs et autres acteurs, et facilité la production de 436 600 tonnes de poissons d’élevage grâce à des outils et des technologies améliorés.”
L’importance de l’aquaculture ne se limite pas à la production alimentaire. Le développement de la chaîne de valeur, de l’approvisionnement en jeunes poissons et en aliments à la transformation et à la commercialisation, offre des opportunités considérables de création d’emplois et de croissance économique, en particulier pour les femmes.
Selon les données de la FAO, la consommation de poisson en Afrique de l’Ouest a diminué, passant de plus de 13 kg par personne par an en 2008 à un peu plus de 11,5 kg en 2025. L’augmentation de la production locale pourrait inverser cette tendance et garantir un accès plus large à une source de protéines essentielle.
La Côte d’Ivoire espère servir d’exemple pour d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, démontrant qu’avec des investissements stratégiques, des politiques appropriées et des partenariats solides, il est possible de transformer le secteur de la pêche et de l’aquaculture et de libérer le potentiel de l’économie bleue africaine.
[Intégration potentielle d’un contenu multimédia : une courte vidéo présentant les initiatives aquacoles en Côte d’Ivoire, ou un post Instagram illustrant le travail des femmes dans le secteur de la pêche.]
[Lien vers le rapport de la FAO sur la pêche et l’aquaculture en Afrique de l’Ouest : https://www.fao.org/in-action/coastal-fisheries-initiative/activities/west-africa/en/ ]
[Lien vers le site web de WorldFish : https://worldfishcenter.org/ ]
