Bitcoin, refuge potentiel en temps de crise : le conflit américano-iranien pourrait stimuler la cryptomonnaie
Washington – Alors que les tensions persistent entre les États-Unis et l’Iran, une analyse récente suggère que le bitcoin pourrait bénéficier d’une escalade du conflit. L’argumentaire repose sur une dynamique économique historique : les dépenses militaires accrues, l’endettement public et une potentielle baisse des taux d’intérêt créent un environnement favorable à la cryptomonnaie, selon l’analyste macroéconomique Mark Connors.
Connors, ancien responsable de la recherche chez 3iQ et de la gestion de portefeuille et des risques chez Credit Suisse, explique que les guerres sont coûteuses et nécessitent généralement un financement par l’émission de davantage de dettes gouvernementales. Cette augmentation de la masse monétaire en circulation tend à déprécier la valeur du dollar, favorisant ainsi les actifs libellés dans d’autres devises, comme le bitcoin.
“La liquidité est le moteur du bitcoin”, a déclaré Connors dans une interview à CoinDesk. Il anticipe une accélération des dépenses publiques si le conflit se prolonge, ce qui serait, selon lui, “constructif pour le bitcoin”.
Les chiffres confirment cette tendance. La dette américaine a déjà augmenté rapidement, avec une hausse d’environ 14% par an depuis mi-2025. Si cette tendance se maintient, la dette pourrait croître d’environ 15% sur un an. “C’est une dévaluation”, résume Connors.
Le bitcoin a d’ailleurs déjà réagi à l’escalade des tensions. Lundi, la cryptomonnaie a enregistré une hausse de 3,6% suite à la première frappe américaine en Iran, les investisseurs déplaçant des fonds des actions vers des actifs potentiellement plus sûrs. Le bitcoin se négociait à 69 030,27 $ en date du 9 mars 2026.
L’analyste nuance toutefois ce potentiel gain. Une forte augmentation des prix du pétrole, conséquence d’une guerre, pourrait entraîner une inflation plus élevée, compliquant le tableau. Cependant, même dans un contexte de stagflation – une combinaison de croissance économique lente et de hausse des prix – le bitcoin pourrait rester attractif.
Dans ce scénario, les autorités pourraient privilégier la stabilité financière et le financement gouvernemental plutôt que la lutte exclusive contre l’inflation. Connors souligne que la Réserve fédérale américaine opère en réalité avec un mandat implicite : maintenir le bon fonctionnement des marchés financiers, en particulier le marché des bons du Trésor.
Il rappelle les crises passées, comme celle du marché repo en 2019 et les faillites bancaires régionales de 2023, qui ont contraint la Fed à intervenir pour éviter des perturbations. Cette contrainte pourrait pousser les décideurs à adopter une politique de taux d’intérêt plus accommodante, surtout si le gouvernement privilégie l’émission de bons du Trésor à court terme plutôt que d’obligations à long terme.
L’arrivée potentielle de Kevin Walsh à la tête de la Fed en mai, après confirmation par le Sénat, pourrait également favoriser cette tendance, Walsh étant connu pour sa position dovish.
En résumé, une combinaison de taux d’intérêt en baisse et d’une dette publique en augmentation créerait un environnement propice à la performance du bitcoin. “Lorsque les taux baissent et que la dette continue de croître, c’est le contexte dans lequel le bitcoin a tendance à bien performer”, conclut Connors.
