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Strait d’Hormuz : tensions, Iran, et rôle de l’OTAN

La crise du détroit d’Ormuz menace l’économie mondiale, Trump durcit le ton avec l’OTAN

DUBAI, Émirats arabes unis – La guerre entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie, menaçant de paralyser le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial. Le président américain Donald Trump a haussé le ton dimanche, avertissant l’OTAN d’un « très mauvais avenir » si ses alliés ne contribuent pas à sécuriser le détroit, bloqué par l’Iran depuis deux semaines. Cette escalade intervient alors que les prix du pétrole flambent et que les perspectives d’une récession mondiale se multiplient.

Selon des sources du Financial Times, Trump a également menacé de reporter son sommet prévu avec le président chinois Xi Jinping si l’OTAN ne répond pas favorablement à ses demandes. « Il est tout à fait normal que ceux qui bénéficient du détroit contribuent à garantir qu’il ne se passe rien de mal », a-t-il déclaré, soulignant un sentiment de frustration face au manque de soutien de ses alliés.

La situation actuelle rappelle la crise de l’année dernière concernant le Groenland, où Trump avait menacé d’imposer des tarifs douaniers et n’avait pas exclu une action militaire. Cet incident avait déjà mis à l’épreuve les relations transatlantiques et poussé les alliés à réévaluer leur position dans l’ordre mondial.

L’Iran contrôle l’accès, le commerce est perturbé

Téhéran semble jouer un rôle de gardien du détroit, autorisant certains navires à transiter tout en maintenant un blocus de facto. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré à CBS News que des navires de différentes nationalités avaient déjà obtenu l’autorisation de passer, mais que la décision finale revient à l’armée iranienne.

Cette situation a entraîné une forte hausse des prix du pétrole, avec des avertissements de Wall Street évoquant un baril à 150 dollars en cas de conflit prolongé. Le détroit d’Ormuz est une voie essentielle pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié, assurant le transit de près d’un cinquième de l’offre mondiale.

L’Iran parvient à maintenir ses exportations pétrolières vers la Chine, son principal client, tandis que des centaines de tankers provenant d’autres pays sont bloqués dans le golfe Persique. Cette situation permet à l’Iran de générer des revenus cruciaux, tandis que l’Arabie saoudite, l’Irak et d’autres producteurs majeurs sont contraints de réduire leur production faute de débouchés.

Les États-Unis cherchent des soutiens, mais les réponses sont tièdes

Trump a appelé plusieurs pays, dont la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d’autres, à envoyer des navires de guerre au Moyen-Orient. Cependant, les réponses ont été jusqu’à présent peu encourageantes. Le Royaume-Uni et le Conseil de coopération du Golfe ont affirmé que les États membres « ont le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre leur sécurité et leur stabilité », mais n’ont pas annoncé d’engagement concret.

Les États-Unis envisagent de former une coalition navale pour escorter les navires commerciaux à travers le détroit, mais l’opération pourrait ne pas débuter avant la fin des hostilités.

Un "piège mortel" pour les navires de guerre ?

Des responsables de la marine américaine ont qualifié le détroit d’Ormuz de « piège mortel », en raison de la présence de missiles, de drones aériens et sous-marins, de mines et de petits bateaux d’attaque iraniens. Compte tenu des risques encourus par les navires de guerre, la marine américaine a refusé les demandes des compagnies maritimes de protection.

Les efforts européens pour protéger le trafic maritime dans la mer Rouge se sont avérés inefficaces, selon le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, qui a ajouté que l’Allemagne ne participera pas activement à la guerre.

Des options limitées et des risques d’escalade

Les experts en défense soulignent que toute opération navale d’escorte nécessiterait un nombre important de navires, ainsi qu’un soutien aérien et éventuellement des troupes au sol pour neutraliser les menaces iraniennes. La navigation contrainte et les courts délais de réaction rendent les opérations complexes et risquées.

Jennifer Parker, fondatrice de Barrier Strategic Advisory et ancienne officier de la marine australienne, a souligné sur X (anciennement Twitter) que la neutralisation des capacités de drones et de navires sans pilote iraniens serait essentielle pour assurer la sécurité des tankers.

Caitlin Talmadge, professeure de sciences politiques à l’université du MIT, a averti dans Foreign Affairs que toutes les options de réponse américaines sont « suboptimales » et que la prévention du déploiement de mines iraniennes devrait être une priorité. Elle a également souligné la nécessité de trouver une voie de désescalade pour éviter une guerre plus large. Les États-Unis ont déployé une unité d’intervention marine de plus de 2 000 soldats au Moyen-Orient, et des analystes évoquent la possibilité d’une attaque amphibie contre l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien.

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