Sécheresse : l’agriculture française face à une facture de 1,47 milliard d’euros

La France fait face à une perte de récolte de céréales de 5,8 millions de tonnes évaluée à 1,47 milliard d’euros suite à une sécheresse et à des vagues de chaleur estivales.

L’été 2026 restera gravé comme une période de tous les records climatiques, avec des températures atteignant 45 °C dans certaines régions de l’Hexagone, selon les témoignages de producteurs locaux. Les restrictions d’eau et les canicules successives ont transformé les prairies en terres arides, décimant les cultures de printemps et d’été.

À l’échelle européenne, la situation se traduit par une baisse de la production de céréales de 16,7 millions de tonnes, évaluée à 3,6 milliards de dollars par l’analyse publiée par l’Energy and Climate Intelligence Unit. La France supporte le fardeau le plus lourd, suivie par la Hongrie, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne.

Mathieu Courgeau subit des pertes en Vendée

Mathieu Courgeau, qui gère une exploitation laitière de taille moyenne en Vendée, a vu son thermomètre flirter avec des sommets inédits.

Sécheresse : l'agriculture française face à une facture de 1,47 milliard d'euros
Photo : tf1info.fr

L’agriculteur précise qu’il a dû acheter du fourrage pour compenser la baisse drastique de la production de lait et l’assèchement des pâturages, s’attendant à recevoir environ 10 000 euros via une assurance pour les pertes de maïs.

Sebastien Neveu constate l’effondrement des rendements

Dans le même temps, les céréaliers subissent l’effondrement des rendements. Sebastien Neveu, exploitant sur 300 hectares, indique que ses cultures d’hiver ont subi des pertes de rendement de 25 pour cent, tandis que les tournesols se sont effondrés à 0,7 tonne par hectare au lieu des 1,5 à 2 tonnes habituelles, soit une chute de 60 pour cent, d’après un désastre pur et simple pour les cultures de printemps et d’été qu’il a relayé auprès de la presse.

Sécheresse : l'agriculture française face à une facture de 1,47 milliard d'euros
Photo : Modernghana

Le gouvernement présente son plan de soutien d’urgence

Le gouvernement a présenté début septembre un Plan de soutien d’urgence (Plan Casi) doté d’environ 1,3 milliard d’euros, dont les premiers versements sont attendus au début du mois d’octobre. Toutefois, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a averti que l’exécutif ne pouvait pas compenser l’intégralité des pertes, que la FNSEA évalue globalement autour de 10 milliards d’euros.

Lucile Rogissart a déclaré, selon Modernghana : « Le milliard d’euros prévu par le plan correspond à peu près au montant des indemnités versées aux secteurs touchés par la grippe aviaire en 2021-2022. »

Maxime Buizard-Blondeau propose une contribution pour les repas

Alors que le syndicat de la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs jugent le texte budgétaire initial insuffisant, Maxime Buizard-Blondeau, vice-président des Jeunes Agriculteurs, suggère d’instaurer une contribution de 10 centimes sur les repas hors domicile pour les points de vente qui ne respectent pas les seuils de la loi Egalim, ce qui pourrait générer environ 1,2 milliard d’euros par an, selon les estimations syndicales relayées par les analyses sectorielles publiées par TF1 Info.

Les experts insistent sur la nécessité de diversifier les cultures, de légumineuses telles que les pois ou les lentilles, pour réduire la dépendance aux engrais importés et renforcer la résistance des sols face à la récurrence des sécheresses.

Sur le même sujet