SargEx dévoile ses préconisations contre les gaz de sargasses en intérieur

« Les travaux aboutissent à une note de cadrage qui fixe des recommandations afin de diminuer l’exposition des populations à l’intérieur des bâtiments », résume Carole Boulanger.

Après deux ans de recherche, le projet SargEx a dévoilé ses premières préconisations pour limiter l’exposition des populations aux émanations de gaz de sargasses en intérieur en Martinique, en Guadeloupe et à Saint-Martin. L’étude associe IMT Nord Europe, Madininair et Gwad’Air face aux échouements récents.

Deux ans d’investigation face aux échouements

Mené sur les territoires de Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin, le projet de recherche SargEx a livré ses premiers résultats après deux ans de travail. L’initiative vise à apporter des solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie des populations exposées aux émanations de gaz libérées par les sargasses en décomposition dans les bâtiments et les logements, selon les informations du projet débuté en 2024 par IMT Nord Europe et ses partenaires Madininair et Gwad’Air.

Une note de cadrage pour la gestion sanitaire

Pour Carole Boulanger, directrice adjointe et responsable étude de Madininair, les travaux aboutissent à une note de cadrage qui fixe des recommandations afin de diminuer l’exposition des populations à l’intérieur des bâtiments. L’objectif consiste à inscrire ces mesures dans une gestion sanitaire globale sur le territoire tout en les rendant accessibles et acceptables par les habitants.

L’expérience des habitants face aux émanations

Cette démarche fait suite à une enquête menée auprès de plus de 500 habitants, qui avaient déjà essayé par eux-mêmes de modifier leurs habitudes pour limiter leur exposition à l’air intérieur, en fermant portes et fenêtres, en utilisant des pièces climatisées ou moins exposées, des ventilateurs, ou parfois en abandonnant temporairement leurs logements.

Scénarios d’étanchéité et pièces de repli

Marie Vérriele, enseignante-chercheuse à IMT Nord Europe, détaille les leviers d’action envisagés par le projet SargEx. Les scénarios consistent d’abord à étudier les ouvrants pour déterminer quel côté de la façade il est préférable d’ouvrir. Il ressort de ces analyses que la solution optimale reste d’étanchéifier au maximum le logement. Dans le cas d’un habitat traditionnel, l’approche préconise d’identifier une pièce de repli sur laquelle mener des travaux d’étanchéité en priorité.

Éviter les sources de pollution intérieures

Dans cette pièce de repli, les chercheurs recommandent d’éviter les sources de pollution intérieures, telles que l’utilisation d’encens ou de produits parfumés. Le recours à un épurateur d’air n’intervient qu’en dernier recours. D’après les observations du projet, cet appareil ne se montre efficace que dans des pièces de petit volume dont le taux de renouvellement d’air demeure faible, alors qu’à l’échelle de la Martinique, les échouements récents de sargasses touchent régulièrement 12 communes et affectent la vie quotidienne ainsi que la santé de près de 120 000 habitants, représentant environ un tiers de la population martiniquaise.

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