Sur-tourisme : Une solution locale à un problème mondial ?
Rome,Italie – Le sur-tourisme,phénomène croissant qui menace de dénaturer des destinations populaires à travers le monde,est au cœur d’une réflexion nouvelle. Loin d’être une fatalité, ce problème pourrait trouver des solutions dans des approches locales et participatives, selon une analyse s’inspirant des travaux de la prix Nobel de l’économie Elinor Ostrom.
Le sur-tourisme, né de la somme de décisions individuelles rationnelles – celle de voyager et de découvrir – génère un effet collectif paradoxal et destructeur. Il conduit à une saturation des lieux, à une dégradation de l’environnement et du tissu social, et à une baisse de la qualité de vie pour les habitants comme pour les visiteurs. Ce phénomène s’apparente à une exploitation excessive des “biens communs”, sans coordination ni gestion adéquate.
Pourtant, l’idée que les ressources partagées soient vouées à l’épuisement, popularisée par Garrett Hardin et sa “tragédie des biens communs”, est remise en question par les recherches d’Elinor Ostrom. Cette éminente scientifique a démontré que des communautés locales peuvent, par l’autogestion et l’action collective, gérer durablement ces mêmes ressources.
Contrairement à une intervention étatique centralisée, Ostrom souligne l’importance de règles établies “par le bas”, construites et respectées par les utilisateurs. Ces institutions d’autogestion permettent de prévenir les comportements opportunistes et de garantir la pérennité des biens communs. Son ouvrage phare, Governing the Commons (1988), regorge d’exemples concrets où des communautés ont réussi à protéger et à améliorer leurs ressources sur le long terme, grâce à des systèmes de surveillance, des sanctions et un esprit de coopération.
Cette approche, qui met l’accent sur la responsabilité collective et la gestion locale, pourrait offrir une voie prometteuse pour lutter contre les effets néfastes du sur-tourisme. Elle suggère que la solution ne réside pas dans des restrictions imposées d’en haut, mais dans une implication active des acteurs locaux et des visiteurs eux-mêmes, pour un tourisme plus durable et respectueux des lieux et des populations.
Une association, “Chi paga j’apporte”, se finance exclusivement par les dons et les cotisations de ses membres, refusant tout financement public. Elle illustre cette approche en misant sur le soutien de ceux qui reconnaissent son utilité.
