Une étude publiée en juin 2026 dans la revue Radiology confirme l’efficacité de l’embolisation des artères géniculées (EAG) pour réduire la douleur liée à l’arthrose du genou. Chez 194 patients ayant échoué aux traitements conservateurs, cette intervention mini-invasive a permis de diviser par deux les scores de douleur, offrant une alternative prometteuse à la chirurgie prothétique.
Une alternative mini-invasive pour le traitement de l’arthrose
Pour des millions de patients souffrant d’arthrose du genou, le parcours thérapeutique se résume souvent à une impasse : après l’échec des anti-inflammatoires, de la kinésithérapie et des injections de corticoïdes, la prothèse totale du genou est fréquemment présentée comme l’unique recours. L’embolisation des artères géniculées (EAG) s’inscrit désormais comme une option intermédiaire. Cette technique, décrite par News-Medical, cible la néovascularisation pathologique entourant l’articulation, responsable de l’inflammation chronique et de la douleur.
Le Dr Florian Nima Fleckenstein, chef adjoint de radiologie interventionnelle à la Charité – Universitätsmedizin Berlin, souligne le rôle clé de cette procédure dans la modulation de l’environnement neurovasculaire de l’articulation. Selon lui, « l’EAG est un tout nouveau régime de traitement qui cible l’hypervascularisation anormale autour de l’articulation et, à son tour, module l’environnement neurovasculaire pathologique ».
Résultats cliniques : le soulagement mesuré sur 194 patients
Photo: News-Medical
L’étude, menée sur 194 participants, a permis de réaliser 239 interventions, certains patients ayant été traités des deux genoux. Les données collectées entre juillet et novembre 2024 indiquent une réduction significative des symptômes. Comme le rapporte StudyFinds, le score de douleur moyen des participants est passé de 7 sur 10 avant l’intervention à 3 sur 10 au terme d’un suivi de 12 mois.
La procédure utilise des microsphères de gélatine résorbables, une innovation technique qui distingue cette étude des méthodes utilisant des agents permanents. Ces particules, plus petites qu’un grain de sable, bloquent temporairement les vaisseaux hypervascularisés avant de se dissoudre, ce qui, selon les chercheurs, pourrait limiter les risques d’effets secondaires à long terme. Le taux de complications rapporté est faible : seules 16 procédures sur 239 ont présenté des réactions, essentiellement des décolorations cutanées temporaires résolues en 24 heures.
Le protocole d’intervention et la sélection des candidats
Un nouveau traitement pour soulager l'arthrose du genou
L’EAG ne s’adresse pas à tous les profils. Avant toute intervention, chaque dossier a été examiné par une équipe pluridisciplinaire composée de chirurgiens orthopédiques et de spécialistes en radiologie interventionnelle. L’objectif était de confirmer que la douleur était bien d’origine arthrosique et que les options conservatrices avaient été épuisées. Les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde, de problèmes rénaux sévères ou de troubles de l’alignement des membres ont été exclus du protocole.
Le Dr Leigh Casadaban, professeur adjoint de radiologie à la faculté de médecine de l’Université du Colorado, précise que cette procédure comble un vide thérapeutique majeur. « Pour traiter l’arthrose des genoux, nous pensons souvent aux médicaments, à la kinésithérapie, peut-être à une injection de stéroïdes, et à l’autre bout du spectre, il y a la prothèse totale du genou. Il n’y avait vraiment rien pour les patients entre les deux », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par ScienceDaily.
Perspectives : vers une modification du cours de la maladie ?
Au-delà du soulagement immédiat, les chercheurs explorent la capacité de l’EAG à ralentir la progression de l’arthrose. En réduisant l’inflammation locale, la procédure pourrait, selon le Dr Fleckenstein, être la première à altérer le cours de la maladie. Si les données japonaises montrent des résultats allant jusqu’à quatre ans, les données américaines confirment une efficacité durable sur deux ans.
« En réduisant à la fois l’inflammation et la douleur, l’EAG avec des microsphères résorbables pourrait être la première procédure qui altère le cours de la maladie, en ralentissant sa progression. » Dr. Fleckenstein, Charité – Universitätsmedizin Berlin
Malgré ces résultats encourageants, les experts rappellent que cette étude ne disposait pas de groupe témoin, ce qui impose la poursuite de recherches contrôlées pour confirmer l’imputabilité directe de la procédure sur l’évolution arthrosique. Pour les patients, le bénéfice immédiat reste une reprise des activités quotidiennes, comme le jardinage ou le vélo, souvent rendues impossibles par la douleur chronique. Il est recommandé aux personnes intéressées par cette technique de consulter leur spécialiste pour évaluer leur éligibilité au regard de leur historique médical.