La société Sanrio a rompu ses contrats de collaboration avec la série dramatique japonaise Vivant
à la suite d’un vif tollé en Chine. Le géant du divertissement a jugé que le contenu de la fiction entrait en contradiction directe avec sa philosophie d’entreprise axée sur l’harmonie et la paix.
La rupture des contrats par Sanrio sur le marché chinois
La filiale chinoise de la marque Sanrio a officialisé la rupture de tous ses partenariats liés à la série télévisée VIVANT. Cette décision intervient après plusieurs jours de contestation sur les réseaux sociaux. Les produits dérivés de la franchise, qui mettaient en scène des personnages célèbres habillés en espions de la fiction, ont provoqué une forte réprobation de l’autre côté de la mer de Chine.
La filiale chinoise de Sanrio a déclaré, selon Bloomberg, que « concernant cette collaboration, nous estimons qu’elle contient des expressions incompatibles avec la philosophie d’entreprise du groupe Sanrio. Nous avons par conséquent décidé de mettre un terme à cette collaboration ainsi qu’à tous les projets et activités promotionnelles ultérieurs ».

Le marché chinois représente un enjeu économique majeur pour la firme, qui a enregistré des ventes de 9,8 milliards de yens, soit l’équivalent de 62 millions de dollars, au cours du premier trimestre. Sur le premier semestre, le chiffre d’affaires atteint 781 million yuan, soit 117 million de dollars, enregistrant une progression annuelle supérieure à 40 pour cent. L’entreprise avait exprimé son ambition d’y développer de nouvelles figures iconiques.
L’entreprise Sanrio tire ses origines et sa popularité mondiale d’une philosophie de paix profondément ancrée, son fondateur Shintaro Tsuji ayant personnellement vécu les bombardements de Kofu au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les récents produits dérivés mis en cause comprenaient des figurines de personnages célèbres tels que Hello Kitty, Cinnamoroll et My Melody, dont la présence a alimenté la polémique au sein du public.
Hello Kitty owner Sanrio scraps Japanese TV show Vivant deal over China backlash https://t.co/2fqWDnkwSt
Les critiques de la série et les accusations de distorsion historique
Au cœur de la tourmente se trouve la deuxième saison du drame d’espionnage produit par la chaîne japonaise TBS. La fiction met en scène une unité secrète des Forces d’autodéfense japonaises et dépeint des agents de renseignement chinois se livrant à des actes de violence extrême sur des opérateurs nippons.
Des organes de presse officiels et des médias d’État, dont China Central Television et le Global Times, ont vivement dénoncé ces passages. Les critiques soulignent que les sévices montrés à l’écran présentent de troublantes similitudes avec les méthodes de torture employées par les troupes d’invasion japonaises contre les citoyens chinois pendant la Seconde Guerre mondiale. Pékin reproche ainsi au feuilleton d’inverser les rôles historiques de victime et de bourreau.

La deuxième saison de la série nomme directement la Chine, rompant avec la première saison diffusée en 2023 qui situait son intrigue dans un pays d’Asie centrale fictif. Les scènes litigieuses montrent des agents de l’organisation baptisée Xinsi en train de torturer des agents de l’unité secrète Beppan, ce qui a provoqué des réactions indignées de la part d’utilisateurs sur la plateforme Weibo.
La défense de la chaîne TBS et les répercussions diplomatiques
Face aux condamnations, la direction de la radiodiffusion a tenu à clarifier la nature de son programme. Masamine Ryuho, président de TBS, a déclaré que la série est totalement fictive et ne nourrit aucune intention de dénigrer un pays en particulier.
Sanrio yesterday apologized and ended its character collaboration with Japan's drama Vivant. The Japanese cultural firm, which owns well-known IP such as Hello Kitty, planned to launch a joint product with the suspense drama that casts the antagonist as a secret intelligence… pic.twitter.com/hmfTdkJxXx
Cette polémique culturelle s’inscrit dans un climat de fortes tensions diplomatiques entre Tokyo et Pékin, ravivées par les déclarations de la classe politique japonaise concernant la situation à Taïwan. Les médias officiels ont également pointé du doigt les commentaires de la responsable politique Sanae Takaichi, qui avait évoqué le visionnage de la production télévisuelle, illustrant la sensibilité accrue des échanges bilatéraux autour des questions mémorielles et de sécurité.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a également pris la parole lors d’une conférence de presse pour exhorter le Japon à réfléchir sur ses crimes historiques, à en tirer les leçons et à renoncer à multiplier les justifications pour son réarmement militaire. En parallèle, les débats autour de la série se poursuivent au sein même de la société japonaise, où l’existence d’une telle organisation secrète fait l’objet de vives discussions.

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