Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne vise une victoire historique aux élections régionales du 6 septembre 2026 en Saxe-Anhalt, où les sondages le placent largement en tête. Cette percée dans cet État de l’est du pays est considérée par ses dirigeants comme une étape clé vers le pouvoir fédéral.
L’issue du scrutin régional prévu le 6 septembre 2026 en Saxe-Anhalt pourrait redessiner le paysage politique allemand. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne aborde ce rendez-vous électoral en position de force, porté par une dynamique de plusieurs mois en tête des intentions de vote dans cet État de l’est du pays.
Une dynamique en tête des sondages et l’objectif du gouvernement régional
La co-dirigeante du mouvement, Alice Weidel, a affiché des ambitions claires lors d’une interview accordée au radiodiffuseur public ZDF. Nous formerons le gouvernement en Saxe-Anhalt, a-t-elle déclaré, affirmant sa conviction que sa formation obtiendra la majorité nécessaire pour gouverner seule, quand bien même le chef de file local du parti évoquait initialement une telle perspective sans l’assurance d’une majorité absolue.
Un sondage réalisé par Infratest dimap crédite l’AfD de plus de 40 % des intentions de vote. Ce niveau place la formation nettement devant le parti conservateur de la CDU, le parti chrétien-démocrate mené par le chancelier Friedrich Merz, qui recueille des suffrages dans cette même enquête régionale.
Le mur de la CDU et les répercussions sur la scène fédérale
Malgré ses succès passés lors de scrutins régionaux, le parti n’a jamais accédé à l’exercice du pouvoir au niveau d’un État fédéré ou au plan fédéral. La raison tient au cordon sanitaire, une politique connue en Allemagne sous le nom de firewall
, par laquelle l’ensemble des autres grands partis exclut toute coopération.

Pour Alice Weidel, ce refus persistant des conservateurs de s’associer à son mouvement affaiblit la CDU et finira par placer sa famille politique en situation de diriger le pays. La CDU ne gagnera plus jamais d’élection fédérale, a-t-elle affirmé sur les antennes de la ZDF.
Les critiques formulées par l’AfD qualifient cette barrière institutionnelle d’antidémocratique. À l’inverse, les chrétiens-démocrates estiment qu’un tel barrage s’avère indispensable, soutenant que la formation d’extrême droite représente une menace pour les principes fondamentaux de l’Allemagne et pour son ordre constitutionnel.
Un contexte socio-économique tendu et des revendications migratoires
Au-delà de la Saxe-Anhalt, l’AfD domine également les intentions de vote à l’échelle nationale, bien que dans des proportions moindres. La dernière enquête d’opinion Politbarometer publiée par Forschungsgruppe Wahlen place le parti en tête, devançant le bloc conservateur CDU/CSU.

Le scrutin en Saxe-Anhalt constitue le premier rendez-vous d’un mois de septembre 2026 particulièrement chargé sur le plan électoral, qui verra également les électeurs de Berlin et de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale se rendre aux urnes le 20 septembre.
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