URGENT : Londres sous pression pour lier droits de l’homme à l’accord commercial avec le Golfe
Beyrouth – Une coalition de 14 organisations de défense des droits de l’homme, dont human Rights Watch, et des syndicats exhorte le gouvernement britannique à conditionner fermement l’accord de libre-échange envisagé avec le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) au respect des droits fondamentaux. Dans une lettre adressée au Premier ministre Keir Starmer, les organisations craignent que l’absence de garanties solides n’aggrave les abus déjà généralisés envers les travailleurs migrants dans les pays du golfe.
Joey Shea, chercheur pour l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis chez Human Rights Watch, a déclaré que la volonté du Royaume-Uni de conclure des accords commerciaux post-Brexit ne doit pas se faire au détriment des normes en matière de droits de l’homme.
Depuis des décennies, les groupes de défense des droits documentent des violations systématiques des droits des travailleurs migrants dans les six pays du CCG : Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis. Ces violations incluent des abus salariaux, l’exploitation par les employeurs et des situations assimilables à du travail forcé.
La coalition s’inquiète du manque de transparence entourant les négociations et du risque que des entreprises britanniques deviennent involontairement complices de violations des droits de l’homme sans protections explicites dans l’accord.Ils soulignent également le bilan du Royaume-Uni en matière de protection des droits des travailleurs migrants, notamment son refus de ratifier la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants.
Contexte : La question des droits des travailleurs migrants dans le Golfe
Le Conseil de Coopération du Golfe, regroupant six monarchies pétrolières, dépend fortement de la main-d’œuvre migrante pour ses projets de construction, ses services domestiques et d’autres secteurs. Des millions de travailleurs, principalement originaires d’Asie du sud et du Sud-Est, sont employés dans ces pays. Le système de kafala, largement utilisé dans la région, lie le statut légal des travailleurs à leur employeur, créant un déséquilibre de pouvoir qui facilite l’exploitation et les abus. Les plaintes courantes incluent le non-paiement des salaires, la confiscation des passeports, des conditions de travail dangereuses et des restrictions à la liberté de mouvement.
Les organisations de défense des droits de l’homme appellent depuis longtemps à des réformes structurelles pour protéger les droits des travailleurs migrants dans le Golfe, notamment l’abolition du système de kafala, la garantie d’un salaire minimum, le renforcement des inspections du travail et l’accès à la justice pour les victimes d’abus. L’accord commercial avec le royaume-Uni représente une opportunité pour londres d’exercer une pression significative en faveur de ces réformes.
