Le scientifique britannique Chris Evans, surnommé le « Bogfather », dirige des projets de restauration des tourbières pour capturer le carbone atmosphérique. Depuis 2026, ses travaux au sein du UK Centre for Ecology & Hydrology se concentrent sur la réhumidification des zones dégradées, une stratégie visant à transformer ces écosystèmes en puits de carbone durables.
Le rôle crucial des tourbières dans le cycle du carbone
Les tourbières couvrent environ 3 % de la surface terrestre mondiale, mais stockent deux fois plus de carbone que l’ensemble des forêts de la planète. Lorsqu’elles sont drainées pour l’agriculture ou l’extraction de tourbe, elles cessent d’être des puits de carbone pour devenir des sources d’émissions de gaz à effet de serre. Chris Evans, expert au UK Centre for Ecology & Hydrology, souligne que la gestion de ces terres est cruciale pour atteindre les objectifs climatiques.
La méthode privilégiée par Evans consiste à bloquer les canaux de drainage artificiels et à favoriser la recolonisation par des sphaignes. Ces mousses, en retenant l’eau, empêchent la décomposition de la matière organique, piégeant ainsi le carbone sous terre.
La réhumidification des tourbières est l’une des interventions les plus efficaces et les plus immédiates que nous puissions réaliser pour réduire les émissions nationales de gaz à effet de serre.
Chris Evans, UK Centre for Ecology & Hydrology
Obstacles techniques et stabilisation hydrologique
Le processus de restauration n’est pas sans obstacles. La topographie complexe des sites et la nécessité d’une surveillance hydrologique précise demandent des interventions sur le long terme. Selon les rapports du centre, le succès dépend de la capacité à stabiliser le niveau de la nappe phréatique à quelques centimètres de la surface.
Les données actuelles indiquent que la restauration rapide peut réduire les émissions de dioxyde de carbone de plusieurs tonnes par hectare et par an. Cependant, les chercheurs notent qu’il faut parfois plusieurs années avant qu’un site restauré ne devienne un puits net, en raison du temps nécessaire à la régénération de la végétation spécifique aux tourbières.
Différences stratégiques entre sols humides et forêts
La communauté scientifique compare souvent la restauration des tourbières aux méthodes de reforestation. Contrairement aux arbres, qui stockent le carbone dans leur biomasse aérienne, les tourbières le conservent dans le sol, ce qui le rend potentiellement plus résistant aux incendies de forêt, bien que les tourbières sèches soient elles-mêmes très inflammables.
Les projets menés par Evans se distinguent par leur approche fondée sur des preuves empiriques, évitant les solutions technologiques non éprouvées. En 2026, le financement de ces initiatives repose sur une combinaison de fonds publics et de crédits carbone, créant un cadre économique pour la préservation des zones humides.
Défis de mise à l’échelle et pérennité climatique
L’avenir de la restauration des tourbières dépendra de l’alignement des politiques foncières avec les impératifs climatiques. Alors que de nombreux gouvernements intègrent désormais les tourbières dans leurs inventaires nationaux de gaz à effet de serre, le rôle d’experts comme Evans devient central.

L’incertitude demeure quant à la capacité de passer à une échelle industrielle sans compromettre la biodiversité locale. La communauté scientifique surveille de près les sites restaurés il y a une décennie pour confirmer que les bénéfices climatiques se maintiennent sur le long terme, garantissant que ces écosystèmes restent des alliés stables dans la lutte contre le réchauffement global.
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