Soixante producteurs de bétail en Argentine et au Paraguay ont perçu 1,2 million de dollars grâce au premier cycle commercial de crédits carbone du programme SARA. L’initiative, qui s’appuie sur le management holistique, a rapporté une moyenne de 27 dollars par hectare pour les participants.
Le marché du carbone agricole franchit une étape décisive en Amérique du Sud. Le Programme de Ganadería Regenerativa Sudamericana, connu sous l’acronyme SARA, a effectivement distribué 1,2 million de dollars à soixante producteurs agricoles de la région, selon les informations officielles diffusées par la plateforme de régénération Ruuts. Ce premier cycle commercial concrétise des mois d’attente pour les éleveurs engagés dans la transition écologique de leurs terres.
L’initiative s’inscrit dans le prolongement de la première émission de crédits carbone vérifiés (VCU) enregistrée en mars dernier. Cette certification a été validée par l’entité internationale Verra sous la méthodologie VM0042, positionnant SARA comme le plus grand programme de ce type en Amérique du Sud. Sur un volume total de 209.244 crédits initialement émis, une partie importante a trouvé preneur sur le marché, tandis que le reste demeure disponible pour de futurs acquéreurs.
Des revenus concrets de 27 dollars par hectare pour les éleveurs
Pour les producteurs participant au programme, la concrétisation de ce marché se traduit par des rentrées financières directes. Durant cette première phase, le rendement moyen s’est établi à 27 dollars par hectare pour les exploitations concernées en Argentine et au Paraguay. Ce versement s’ajoute aux gains de rentabilité opérationnelle déjà constatés par les éleveurs grâce aux modifications apportées à la gestion de leurs pâturages.
Parmi les bénéficiaires figure Gerardo Fioritti, exploitant des établissements La Jota et Los Migueles situés dans la Depresión del Salado en Argentine. Engagé dans le pasturage planifié depuis 2019, l’éleveur témoigne de résultats probants en matière de séquestration de carbone et de régénération des sols sans recours aux intrants chimiques.
Gerardo Fioritti, producteur, a déclaré via Lanacion qu’ils étaient inscrits auprès de Ruuts pour toucher des primes carbone et qu’ils le faisaient effectivement, ajoutant que c’était la première année qu’ils obtenaient des résultats très encourageants pour eux, d’environ 3 tonnes par hectare et par an en moyenne de fixation du carbone, et qu’ils encaissaient les premiers crédits vendus ce trimestre-là, tout en se montrant très satisfaits du résultat.
Les données de terrain indiquent une fixation moyenne d’environ 3 tonnes de carbone par hectare et par an sur ses terres, confirmant l’efficacité des pratiques de gestion holistique adoptées.
Technologie satellitaire et suivi de terrain pour garantir la traçabilité
L’intégrité de chaque crédit carbone émis repose sur un dispositif rigoureux de Mesure, Rapport et Vérification (MRV). Ce système combine la modélisation du carbone, le suivi par imagerie satellitaire et des analyses écologiques menées directement sur place. Le travail de terrain est assuré par un réseau décentralisé de techniciens accrédités par Ovis 21, formés au sein de l’École de Régénération.

Ces techniciens évaluent régulièrement divers indicateurs environnementaux, tels que la biodiversité, le taux d’infiltration de l’eau, la couverture végétale et la teneur en carbone du sol. Les informations collectées sont ensuite centralisées via l’application de surveillance développée par la plateforme Ruuts, permettant de croiser les observations agronomiques avec les données de télédétection.
Perspectives d’expansion et ambitions pour l’horizon 2030
Les dirigeants à l’origine du projet estiment que cette première distribution marque le point de départ d’une transformation profonde du secteur de l’élevage sud-américain. Le modèle économique cherche à prouver que la restauration des écosystèmes naturels peut générer des flux financiers réguliers et significatifs pour les communautés rurales.

Pablo F. Borrelli, directeur général de Ruuts, a affirmé via Lanacion que les crédits carbone constituaient le catalyseur d’un changement qu’ils favorisaient depuis plus de 17 ans dans la production d’élevage sud-américaine, estimant que l’élevage régénératif possédait tant d’attributs qu’il deviendrait tôt ou tard la norme, mais convaincu que cette étape transformerait une croissance organique en une croissance exponentielle, l’humanité en ayant un tel besoin et étant disposée à y mettre le prix.
Fort de ce succès initial, le programme SARA prévoit d’amplifier ses opérations au cours des prochaines années. Les projections communiquées par la plateforme visent des décaissements annuels de l’ordre de 30 millions de dollars d’ici 2030, à mesure que de nouvelles surfaces s’intégreront dans la dynamique de la ganaderie régénérative.
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