PonyAI et Futurelink prévoient 200 taxis autonomes à Séoul d’ici 2028

L’entreprise chinoise PonyAI s’associe à la société locale Futurelink pour introduire 200 taxis autonomes en Corée du Sud, avec un premier déploiement prévu à Séoul d’ici 2028. Ce projet de véhicules entièrement sans conducteur, basés sur des modèles du groupe BAIC, soulève des interrogations sur la sécurité des données et la compétitivité de l’industrie nationale.

L’accord stratégique entre Futurelink et PonyAI pour l’introduction de 200 robottaxis

Le secteur des transports autonomes en Corée du Sud s’apprête à franchir un cap décisif. La société Futurelink a signé un accord de coopération stratégique avec le géant chinois des véhicules autonomes PonyAI. Cette entente prévoit l’introduction progressive de 200 robottaxis de septième génération (Gen-7) sur le marché sud-coréen, après le passage par les procédures de certification obligatoires.

Dans un premier temps, les deux entreprises prévoient d’importer et d’homologuer 10 véhicules. Une fois cette étape validée, 190 unités supplémentaires seront ajoutées pour atteindre la flotte totale de 200 véhicules, avec un objectif de mise en service à l’échelle de Séoul d’ici 2028, selon les informations rapportées par la presse locale.

La structure opérationnelle de ce partenariat repose sur une division claire des rôles. Futurelink, filiale de la société cotée PonyLink spécialisée dans les activités autonomes, prend en charge la certification des véhicules, l’obtention des zones d’exploitation et la gestion quotidienne du service sur le sol sud-coréen. De son côté, PonyAI fournit la technologie de conduite autonome et l’assistance technique. Les véhicules retenus pour cette flotte sont construits sur la base du SUV électrique de milieu de gamme « ArcFox Alpha T5 », fabriqué par le groupe automobile chinois BAIC.

L’expérience de terrain et la transition vers l’exploitation commerciale

L’offensive menée par PonyAI ne part pas d’une feuille blanche. L’entreprise chinoise, fondée en 2016 et cotée au Nasdaq, exploite déjà des robottaxis entièrement sans conducteur de niveau 4 — où le véhicule se déplace sans intervention humaine dans des conditions déterminées — dans des grandes métropoles telles que Pékin, Shanghai, Guangzhou et Shenzhen.

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En Corée du Sud, les essais préliminaires ont déjà permis de accumuler des données précieuses sur les infrastructures locales. Futurelink a exploité 10 véhicules d’essai basés sur le modèle Kona Electric, dotés de l’autorisation d’essai temporaire du ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports.

Nam Kyung-pil, président de Futurelink et PonyLink, a indiqué qu’après avoir dépassé la phase de démonstration, ils étaient prêts à entamer la phase d’exploitation commerciale.

James Peng, cofondateur et directeur général (CEO) de PonyAI, a déclaré que les 200 unités actuellement planifiées ne constituaient qu’une première étape.

Les défis de la certification et les inquiétudes autour de la sécurité des données

Malgré l’avancée de ce projet d’importation, le calendrier exact et l’ampleur du déploiement restent subordonnés aux vérifications réglementaires. Les véhicules Gen-7 devront en effet passer par les procédures de certification menées par le ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports ainsi que par l’Institut de recherche sur la sécurité automobile de Corée (KATRI). L’exploitation commerciale complète nécessitera également des autorisations d’exploitation spécifiques en plus de l’homologation des véhicules.

L’arrivée imminente de technologies chinoises de niveau 4 intervient alors que le gouvernement sud-coréen soutient ses propres initiatives de démonstration. Le ministère a notamment désigné l’ensemble de la ville de Gwangju, soit environ 501 kilomètres carrés, comme zone pilote de démonstration urbaine autonome, avec l’ambition d’y déployer 200 véhicules d’ici la fin de l’année en collaboration avec des acteurs nationaux comme Hyundai Motor, Autonomous a2z et RideFlux.

PonyAI et Futurelink prévoient 200 taxis autonomes à Séoul d'ici 2028
Photo: yonhapnewstv.co.kr

Cette concurrence imminente alimente des préoccupations au sein de l’industrie locale, notamment concernant la protection des données et la souveraineté numérique. Les robottaxis s’appuient sur un ensemble de capteurs — caméras, lidars et radars — pour cartographier en continu l’environnement routier et collecter des informations sensibles sur les infrastructures.

James Peng, président de PonyAI, a affirmé qu’il était de principe que toutes les données générées localement soient stockées dans leur pays respectif.

Le dirigeant a également précisé que les informations hautement sensibles, telles que les visages des piétons et les plaques d’immatriculation des véhicules, feront l’objet d’un chiffrement ou d’une anonymisation avant tout stockage afin d’obéir à un contrôle strict. Le ministère du Territoire, des Infrastructures et des Transports a pour sa part rappelé que l’autorisation de mise en service commerciale serait octroyée sur la base de critères de sécurité rigoureux, indépendamment de la nationalité de l’entreprise requérante.

Le débat sur la compétitivité et la protection de l’industrie nationale

Face aux craintes de voir le marché sud-coréen des véhicules autonomes pour passagers (B2C) se plier aux plateformes étrangères, la direction de Futurelink assume pleinement ce partenariat technologique. Évoquant le parallèle historique entre le marché des smartphones et l’introduction initiale d’appareils internationaux, Nam Kyung-pil a estimé que l’ouverture à la concurrence constituait le levier le plus efficace pour stimuler la filière locale.

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Nam Kyung-pil, président de Futurelink et PonyLink, a souligné qu’il ne s’agissait pas seulement de protéger l’industrie, mais que la concurrence par le biais de la compétition était le meilleur moyen d’acquérir de la compétitivité.

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Photo: 서울Pn

Il a comparé la situation actuelle à l’arrivée passée de l’iPhone en Corée du Sud, qui avait selon lui agi comme un catalyseur pour le développement fulgurant de la gamme Galaxy de Samsung. Les responsables du projet estiment ainsi que l’introduction des solutions avancées de PonyAI et l’élargissement de leur localisation sur le sol coréen contribueront, à terme, à l’avancement global de l’écosystème national, l’objectif ultime de cette démarche restant la réduction des accidents de la route et l’amélioration de la desserte des zones de transport enclavées.

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