Les résultats trimestriels des géants technologiques et le spectre d’une rotation sectorielle
NEW YORK – La saison des publications de résultats des grandes entreprises technologiques débute cette semaine, avec des annonces attendues de IBM, Microsoft, Tesla et Apple. Ces publications, ainsi que celles d’Amazon (reportée au 5 février), seront scrutées à la loupe par les investisseurs, alors que le marché s’interroge sur la pérennité de la domination du secteur technologique et la possibilité d’une rotation vers d’autres valeurs.
L’attention se concentrera particulièrement sur les perspectives d’avenir (guidance) des entreprises, qui pourraient raviver l’engouement pour les valeurs technologiques, surnommées le “Mag-7” ou “Mag-10”, après une année 2023 et 2024 propulsées par l’intelligence artificielle et un gain de 25% pour le S&P 500. En 2025, l’international a enfin participé aux gains, avec une hausse de 17,88% du S&P 500, ainsi que des secteurs longtemps délaissés comme les matériaux de base.
Boeing et IBM en vedette, mais l’IA domine le récit
Si Boeing publiera ses résultats dès aujourd’hui, et IBM mercredi soir, ces annonces pourraient être éclipsées par les performances de Microsoft et Tesla. Boeing, dont l’action est encore en baisse de 44% par rapport à son sommet historique de mars 2019 (446 dollars), sera l’objet d’un aperçu plus détaillé dans un article à venir.
L’analyste financier souligne une similitude troublante avec la fin des années 1990, une période marquée par une forte volatilité et des crises financières comme la dévaluation du baht thaïlandais et du ringgit malaisien en 1997, et la crise de Long-Term Capital Management en 1998. À l’époque, le marché assistait à des “faux signaux” de reprise des secteurs délaissés, avant que la dynamique ne revienne vers les valeurs technologiques.
Un marché plus solide qu’en 1999 ?
Cependant, une différence majeure distingue la situation actuelle de celle de la fin des années 1990 : la solidité de la base du marché. Alors que la largeur du marché était préoccupante à l’époque, malgré cinq années consécutives de gains de plus de 25% pour le S&P 500, la situation actuelle est plus stable.
Les matériaux de base en embuscade ?
Les prévisions de bénéfices par action (EPS) pour 2026 révèlent une surprise : après le secteur technologique (+31%), c’est le secteur des matériaux de base qui affiche la plus forte croissance attendue (+21%). Ce secteur, qui ne représente que 2% du poids total du S&P 500, pourrait donc jouer un rôle plus important qu’on ne le pense.
Les banques signalent des signaux mitigés
L’analyse des résultats de JPMorgan et Citigroup révèle des métriques correctes, mais surtout, des révisions à la hausse des estimations de bénéfices et de revenus pour les années 2026 à 2028. Malgré ces perspectives positives, les actions de ces banques peinent à performer, ce qui soulève des questions sur la confiance des investisseurs.
Semiconducteurs : prudence de mise
Le secteur des semi-conducteurs, qui représente 38,2% du secteur technologique, est sous surveillance. Si des entreprises comme Micron et SanDisk affichent des performances spectaculaires (respectivement +39% et +112% depuis le début de l’année), les analystes mettent en garde contre la volatilité de ce secteur cyclique et capital-intensif. “Ces actions peuvent détruire du capital pendant de longues périodes”, avertit l’analyste.
Vers une diversification des portefeuilles ?
Face à ces incertitudes, les investisseurs se tournent vers des alternatives. Les ajouts les plus importants aux portefeuilles en début d’année concernent les petites capitalisations (notamment les entreprises de matériaux de base) et les marchés émergents (hors Chine), qui offrent une diversification et un potentiel de croissance. L’investissement international, notamment au Japon via le fonds EWJ, est également privilégié.
L’analyste souligne également l’intérêt potentiel pour les secteurs de l’énergie et des matériaux de base, malgré les révisions négatives persistantes dans le secteur de l’énergie.
[Intégration potentielle d’un graphique montrant la performance relative des secteurs du S&P 500, source LSEG]
Avertissement : Cet article est une opinion et ne constitue pas un conseil financier. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Les investisseurs doivent évaluer leur propre tolérance au risque avant de prendre des décisions d’investissement.
[Lien vers un article précédent sur la rotation sectorielle]
[Lien vers un compte X (anciennement Twitter) d’un analyste financier pertinent]
