Grève générale aux États-Unis : un remède radical face à l’autoritarisme de Trump ?
Washington – Face à une polarisation politique croissante et à des inquiétudes grandissantes concernant les dérives autoritaires de l’administration Trump, l’idée d’une grève générale à l’échelle nationale gagne du terrain aux États-Unis. Le député démarien Jamie Raskin a suggéré, lors d’une interview accordée à MS NOW le week-end dernier, qu’une telle action pourrait s’avérer nécessaire pour contrer les politiques du président.
Raskin, conscient que la grève générale ne saurait à elle seule résoudre les problèmes profonds auxquels le pays est confronté, insiste sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée. “Il n’y aura pas de solution miracle”, a-t-il déclaré, soulignant l’importance d’une action concertée impliquant les tribunaux, le Congrès, les mouvements sociaux et la population. “C’est l’ensemble de ces forces qui doivent agir de concert pour défendre la démocratie constitutionnelle et la liberté.”
L’appel de Raskin intervient après une semaine de protestations et d’actions directes, notamment une grève générale dans l’État du Minnesota, en réponse à la mort d’Alex Pretti, une infirmière de soins intensifs tuée par des agents fédéraux à Minneapolis. La grève, soutenue par des dizaines de syndicats et de centaines d’entreprises, a vu des milliers de personnes cesser le travail et les activités économiques, malgré des températures glaciales.
“Nous n’avons pas de pouvoir économique, nous ne sommes pas riches, nous n’avons pas d’accès aux décideurs”, a déclaré Kieran Knutson, président du syndicat Communication Workers of America Local 7250, à Zeteo. “Mais ce que nous avons, c’est notre pouvoir de travail.”
L’initiative du Minnesota a été saluée par Raskin comme un exemple à suivre. “Les habitants du Minnesota nous ont montré la voie à suivre, avec leur manifestation de masse et leur grève générale”, a-t-il affirmé. “C’est une manière d’envoyer un message clair : la société américaine ne tolérera pas cette dérive autoritaire et le piétinement de la Constitution américaine.”
Le contexte politique actuel semble favorable à une telle mobilisation. Un récent sondage Reuters/Ipsos, mené après les publications sur les réseaux sociaux de Trump attaquant Alex Pretti, révèle que le taux d’approbation du président est tombé à son plus bas niveau depuis le début de son second mandat, atteignant seulement 38%. 59% des personnes interrogées désapprouvent sa gestion du pays. Les chiffres sont particulièrement mauvais sur des sujets où Trump avait auparavant obtenu de bons résultats, comme l’économie (-21 points d’approbation) et l’immigration (-14 points).
Plusieurs commentateurs et militants appellent désormais à étendre le mouvement à l’échelle nationale. Emily Woo Yamasaki, membre du UAW Local 2320 et organisatrice du Freedom Socialist Party, a déclaré lors d’un forum à New York : “Nous ne pouvons pas attendre 2028. Une grève générale ne se construit pas du jour au lendemain, mais elle est plus urgente que jamais.”
Natasha Lennard, chroniqueuse à The Intercept, estime que la grève du Minnesota offre un modèle pour un mouvement national. “La tâche qui nous incombe, face à la violence et à la cruauté du gouvernement, est d’adopter, de partager et de diffuser les pratiques mises en œuvre par les réseaux du Minnesota… grâce à la résistance du Minnesota, nous pouvons voir comment continuer”, a-t-elle écrit.
L’idée d’une grève générale aux États-Unis, bien que radicale, témoigne d’une profonde inquiétude face à l’avenir de la démocratie américaine et d’une volonté croissante de résister aux politiques de l’administration Trump. La question reste de savoir si cette mobilisation trouvera suffisamment d’écho pour transformer l’inquiétude en action collective et, potentiellement, changer le cours de l’histoire.
Lien vers l’interview de Jamie Raskin sur MS NOW
Lien vers l’article de Zeteo sur la grève du Minnesota
Lien vers le sondage Reuters/Ipsos
