Randa Abdel-Fattah, auteure palestinienne australienne, au centre d’une controverse, invitée au Festival des Écrivains de Sydney
Sydney, Australie – L’auteure palestinienne australienne Randa Abdel-Fattah, au cœur d’une vive polémique, sera l’une des têtes d’affiche du Festival des Écrivains de Sydney en 2026. Cette invitation intervient après son exclusion controversée du programme de la Semaine des Écrivains d’Adélaïde, qui a déclenché un boycott massif et la démission de la directrice de l’événement.
L’exclusion d’Abdel-Fattah de la Semaine des Écrivains d’Adélaïde, initialement prévue pour 2026, a été motivée par des commentaires qu’elle avait tenus sur Israël et le sionisme, notamment une publication largement relayée où elle affirmait que les sionistes “n’avaient aucun droit à la sécurité culturelle”. Cette décision a provoqué une onde de choc dans le milieu littéraire australien, conduisant à un boycott massif de l’événement par des auteurs et des conférenciers. Louise Adler, la directrice de la Semaine des Écrivains d’Adélaïde, a démissionné en signe de protestation, et l’événement a finalement été annulé.
Le conseil d’administration du festival d’Adélaïde a depuis présenté ses excuses et a invité Abdel-Fattah à participer à l’édition 2027. Cependant, la controverse a mis en lumière des tensions plus larges concernant la liberté d’expression et les débats sur le conflit israélo-palestinien en Australie.
Le Festival des Écrivains de Sydney a fermement soutenu Abdel-Fattah, affirmant dans un communiqué conjoint de sa directrice générale, Brooke Webb, et de sa directrice artistique, Ann Mossop, que “sans des auteurs, il n’y a pas de festival”. Ils ont souligné que leur festival, qui place la liberté d’expression au cœur de ses valeurs, “n’est pas dans le business de la censure ou de l’annulation d’auteurs”. Ils invitent les lecteurs à se forger leur propre opinion sur son travail.
“Un festival littéraire offre une occasion rare et précieuse aux lecteurs et aux écrivains de se réunir pour des conversations nuancées sur des sujets complexes et parfois difficiles… les lecteurs peuvent se faire leur propre idée sur ce qu’ils souhaitent assister”, ont-ils ajouté.
Abdel-Fattah a réagi à l’annonce sur les réseaux sociaux, déclarant : “Au milieu d’une répression et d’un racisme étouffants, célébrons les victoires. Puissions-nous tous rester indisciplinés.”
La décision du Festival des Écrivains de Sydney a également suscité des réactions politiques. Le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, avait précédemment exprimé des réserves quant à l’inclusion d’Abdel-Fattah dans un autre festival à Newcastle. Le festival a réaffirmé son respect pour les différentes opinions.
L’auteure a défendu ses propos suite à l’annulation à Adélaïde, niant avoir jamais affirmé que les Juifs n’étaient pas dignes de sécurité culturelle. “Mais les idéologies politiques ne peuvent pas utiliser la sécurité culturelle comme un bouclier contre la critique”, a-t-elle déclaré à ABC Radio en janvier. Elle a également annoncé son intention d’engager une action en diffamation contre le Premier ministre de l’Australie-Méridionale, Peter Malinauskas, pour des commentaires la comparant à une “sympathisante terroriste”.
Le programme complet du Festival des Écrivains de Sydney 2026 sera dévoilé le 10 mars. L’événement se déroulera en mai. Cette affaire souligne l’importance croissante des débats sur la liberté d’expression et la responsabilité des plateformes culturelles face aux questions politiques sensibles. Elle rappelle également la nécessité d’un dialogue ouvert et respectueux, même sur les sujets les plus controversés.
[Insérer ici un tweet pertinent de Randa Abdel-Fattah ou du Festival des Écrivains de Sydney]
[Insérer ici un lien vers un article de SBS News sur la controverse à Adélaïde : https://www.sbs.com.au/news/article/egregiously-racist-writers-pull-out-of-adelaide-festival-over-dropped-palestinian-author/5pq8ui8zq ]
