Jarle Roth, actuel président de Storebrand, a été désigné pour succéder à Jon Erik Reinhardsen en tant que président du conseil d’administration d’Equinor. Cette nomination, officialisée lors de l’assemblée générale du 8 juin 2026, intervient alors que les mouvements écologistes exigent une accélération radicale de la transition énergétique du géant pétrolier norvégien.
Le profil de Jarle Roth et la recherche de stabilité
La transition à la tête d’Equinor marque la fin d’une ère de près de neuf ans pour Jon Erik Reinhardsen, qui quitte ses fonctions après avoir présidé le conseil depuis septembre 2017. Pour lui succéder, le comité de nomination a porté son choix sur un homme dont l’expérience est jugée indispensable pour naviguer dans un secteur en pleine mutation. Comme l’a rapporté Finanswatch, Jarle Roth est une figure familière de la gouvernance norvégienne. Diplômé de l’École de commerce de Norvège (NHH), il a occupé des postes de direction dans plusieurs entreprises, notamment au sein du groupe Umoe, reconnu pour son accent sur les technologies vertes et la durabilité. Déjà membre du conseil d’Equinor depuis le 1er décembre 2025, il apporte une continuité stratégique attendue. Nils Morten Huseby, responsable du comité de nomination, a souligné la pertinence de ce choix pour l’entreprise.“Il correspond très bien à ce que le comité de nomination recherche. C’est un soutien solide, qui possède l’expérience et le poids dont nous avons besoin, et qui connaît l’entreprise, le secteur et le conseil.”

La pression pour une transition accélérée et le “pari contre l’Accord de Paris”
Si le profil de Roth rassure les investisseurs sur la stabilité de la gestion, il ne calme pas les critiques des organisations environnementales. Pour ces dernières, la direction d’Equinor a trop longtemps privilégié les marges pétrolières au détriment des promesses de décarbonation. Truls Gulowsen, dirigeant de Naturvernforbundet, a exprimé des attentes très claires envers le nouveau président. Il a notamment qualifié les investissements actuels et la direction prise par l’entreprise depari contre l'Accord de Paris.
“Nous attendons que Roth et le conseil d’administration veillent à ce qu’Equinor réalise concrètement la transition décarbonée qu’ils ont inscrite dans leurs stratégies depuis des années, mais que la direction semble avoir retardée au profit des revenus pétroliers. Nous avons besoin d’un virage radical chez Equinor, et il relève de la responsabilité du conseil de l’opérer.”
Les contraintes de rentabilité de l’énergie verte
Au-delà de la bataille idéologique, le nouveau président devra faire face à une réalité économique de plus en plus tendue. La transition vers le renouvelable n’est plus le moteur de croissance facile qu’elle aurait pu être par le passé. L’analyse de Kyrre Knudsen, chef économiste à Sparebank 1 Sør-Norge, met en lumière deux obstacles majeurs pour Equinor, comme l’indique NRK. D’une part, la rentabilité des projets verts s’érode sous l’effet de la hausse des coûts. D’autre part, les revenus de ces nouveaux secteurs sont plus incertains et souvent plus lents à se matérialiser.“L’un est que la transition et les projets verts sont devenus moins rentables. Les coûts ont augmenté et les revenus sont devenus plus incertains et reportés dans le temps.”

La nouvelle configuration du conseil d’administration

- Anne Drinkwater, réélue vice-présidente du conseil.
- Finn Bjørn Ruyter, réélu membre.
- Haakon Bruun-Hanssen, réélu membre.
- Mikael Karlsson, réélu membre.
- Fernanda Lopes Larsen, réélue membre.
- Dawn Summers, réélue membre.
