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Rage du raton laveur : Campagne de vaccination en Montérégie pour freiner la propagation vers Montréal

by Camille Laurent - Santé
Une campagne intensive de capture et vaccination en Montérégie

Le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a lancé une opération de capture et de vaccination contre la rage du raton laveur en Montérégie. Cette campagne, active jusqu’au 23 juin 2026, vise à immuniser jusqu’à 1 000 animaux pour freiner la progression de la maladie vers Montréal.

Une campagne intensive de capture et vaccination en Montérégie

Face à la circulation persistante du variant de la rage du raton laveur, les autorités provinciales déploient depuis ce lundi 25 équipes spécialisées sur un territoire de 750 km². Cette opération, détaillée par Radio-Canada, repose sur une stratégie de type « capturer-vacciner-relâcher ». L’objectif est clair : créer une barrière immunitaire pour empêcher le virus d’atteindre la couronne sud de Montréal et, à terme, l’île de Montréal.

Selon Marianne Gagnier, biologiste et coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage au ministère, cette approche a déjà démontré son efficacité. Une opération similaire, bien que de moindre envergure, avait été menée l’an dernier dans le secteur de Stanstead, au sud de Sherbrooke, avec des résultats jugés encourageants. Cette année, le ministère cible spécifiquement les ratons laveurs et les mouffettes pour atteindre un taux d’immunisation suffisant.

Le vaccin utilisé dans le cadre de ce programme est le vaccin oral ONRAB, reconnu pour son innocuité chez les espèces ciblées. Selon les données de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), ce vaccin recombinant, qui utilise un vecteur adénovirus humain atténué exprimant la glycoprotéine du virus de la rage, est conçu pour induire une réponse immunitaire humorale robuste chez le raton laveur. Contrairement aux vaccins injectables, ce produit est intégré dans un appât comestible. Les études cliniques publiées dans le journal Vaccine indiquent que pour interrompre efficacement la chaîne de transmission au sein d’une population sauvage, une couverture vaccinale d’au moins 60 % à 70 % des individus est requise. En ciblant 1 000 animaux, les équipes du ministère tentent d’atteindre ce seuil critique dans les corridors écologiques où la densité de population des ratons laveurs est la plus élevée.

Le bilan épidémiologique et les zones à risque

Les données gouvernementales pour l’année 2025 brossent un portrait préoccupant de la situation. Sur les 93 cas de rage du raton laveur recensés au Québec, 84 ont été identifiés en Estrie, tandis que les autres ont été signalés en Montérégie. Depuis le début de l’année 2026, la tendance se maintient : sur 65 cas répertoriés dans la province, 46 proviennent de la Montérégie.

Pour contrer cette expansion, le ministère a ajouté 19 municipalités montérégiennes à la liste des zones où le déplacement d’animaux sauvages vivants est strictement interdit. Des villes comme Boucherville, Varennes et Beauharnois sont désormais soumises à ces restrictions.

« Ces ajouts-là, ça colle en fait au territoire qui est de plus en plus à risque de retrouver des cas de rage. Ce n’est pas nécessairement des municipalités où la rage a été détectée, mais c’est là où la rage pourrait se retrouver en ce moment ou pourrait progresser. » — Marianne Gagnier, biologiste et coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage

Vaccination campaign: rabies "is fatal in 100% of cases," says a biologist

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) souligne que la surveillance active, telle que pratiquée par le ministère, est le pilier de la prévention de la rage humaine. Bien que le variant du raton laveur soit principalement maintenu par des cycles sylvatiques, le risque de débordement vers les animaux domestiques demeure une préoccupation constante pour les autorités de santé publique. Les protocoles établis par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) exigent que tout contact suspect avec un animal sauvage soit évalué par un médecin pour déterminer si une prophylaxie post-exposition (PPE) est nécessaire. La PPE consiste en l’administration d’immunoglobulines antirabiques et d’une série de doses de vaccin contre la rage, un protocole hautement efficace s’il est initié avant l’apparition des symptômes neurologiques, lesquels sont presque invariablement mortels.

Le rôle crucial des signalements citoyens

La surveillance du virus ne repose pas uniquement sur les équipes de terrain. Comme l’a souligné 98.5 Montréal, près de 80 % des signalements proviennent directement des citoyens qui observent des animaux au comportement anormal.

La rage étant transmissible à tout mammifère par la salive, la vigilance est de mise. Les experts rappellent les signes cliniques qui doivent alerter la population :

  • Démarche chancelante ou instable.
  • Comportements inhabituels ou agressifs.
  • Apparence amorphe ou léthargique.
  • Spasmes musculaires.

Le ministère insiste sur le fait que la période d’incubation chez le raton laveur peut varier de quelques jours à plusieurs mois, ce qui explique pourquoi un animal peut paraître sain tout en étant excréteur du virus. Les autorités soulignent que les citoyens ne doivent pas interpréter l’absence de signes cliniques comme une garantie d’absence d’infection. Les données du ministère indiquent que les signalements téléphoniques (via la ligne Info-Rage) sont traités en priorité par des techniciens de la faune formés pour évaluer la probabilité d’une infection avant toute intervention physique.

Mesures de précaution pour la population

Si vous apercevez un animal sauvage présentant l’un de ces symptômes, la consigne est de ne pas tenter de le capturer ou de le déplacer. La loi impose que les ratons laveurs, mouffettes, renards et coyotes capturés soient relâchés sur place, à l’extérieur des bâtiments, ou, en dernier recours, abattus par des autorités compétentes.

Le ministère recommande également aux propriétaires d’animaux domestiques de s’assurer que la vaccination de leurs compagnons est à jour. Bien que la vaccination humaine ne soit pas requise préventivement, la prudence reste la meilleure alliée pour éviter tout contact. Si vous avez été mordu ou griffé par un animal sauvage, il est impératif de consulter votre professionnel de la santé sans délai.

Le MSSS rappelle que dans le cadre d’un protocole de santé publique, la consultation médicale immédiate après une exposition potentielle est cruciale. Les cliniciens doivent rapporter tout incident de morsure aux directions régionales de santé publique, qui assurent ensuite la coordination avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) pour le suivi épidémiologique. Il est déconseillé aux citoyens de tenter une évaluation personnelle du risque ; la consultation d’un médecin ou d’un professionnel de la santé qualifié est la seule procédure valide pour déterminer la nécessité d’un traitement préventif.

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