Home SantéPrévention du VIH: baisse de 38 % après les coupes de Trump, ONU

Prévention du VIH: baisse de 38 % après les coupes de Trump, ONU

by Camille Laurent - Santé
L'effondrement des services de prévention et de dépistage

Selon les données de l’ONU, l’utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) a chuté de 38 % entre 2024 et 2025. Ces coupes budgétaires massives, combinées à des lois répressives, menacent de provoquer une résurgence de l’épidémie mondiale de VIH et de réduire à néant des décennies de progrès sanitaires.

L’effondrement des services de prévention et de dépistage

L'effondrement des services de prévention et de dépistage
Photo: ReliefWeb
Entre 2024 et 2025, le nombre de personnes bénéficiant de la PrEP, un traitement essentiel pour prévenir l’infection, a reculé de façon spectaculaire. Le Washington Post rapporte que cette baisse de 38 % représente plus d’un million de personnes en moins sous protection médicamenteuse dans 62 pays. Dans certains contextes, le financement des préservatifs a même été amputé de plus de 90 %. Le dépistage subit également un contrecoup majeur. Dans certains programmes, le taux de tests a chuté de 22 % en un an. Cette tendance est confirmée par les données de la Clinton Health Access Initiative (CHAI), qui indiquent que les services ne se sont toujours pas rétablis en Afrique subsaharienne et en Asie malgré l’arrivée de nouvelles options thérapeutiques. Cette érosion des services de base est d’autant plus critique que la prévention ne recevait déjà que 11 % des dépenses liées au VIH dans les pays à revenus faibles et intermédiaires en 2024.

L’impact des coupes budgétaires et de la pression politique

L'impact des coupes budgétaires et de la pression politique
Photo: The Guardian
La crise financière actuelle découle d’un retrait massif des aides internationales. Selon ReliefWeb, le financement externe pour l’ensemble des secteurs du développement a chuté de 23 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Ces restrictions budgétaires, notamment celles liées aux coupes de l’administration Trump, ont directement impacté l’ONUSIDA. L’agence se trouve dans une position précaire, le secrétaire général de l’ONU ayant proposé qu’elle soit « supprimée » d’ici la fin de l’année. Un groupe de travail devrait toutefois présenter des propositions au conseil de l’ONUSIDA en octobre pour tenter de maintenir un programme centralisé, bien que plus restreint. Winnie Byanyima, directrice de l’ONUSIDA, qualifie la situation de rupture historique :

« C’est la plus grande perturbation depuis la mise en place de la réponse mondiale au VIH et cela représente une menace majeure pour les progrès que nous avons accomplis. »

Winnie Byanyima, directrice de l’ONUSIDA

Lois répressives et disparition des organisations communautaires

PPE : Prévention du VIH après une exposition potentielle
Parallèlement au désengagement financier, un durcissement législatif mondial menace l’accès aux soins des populations les plus exposées. L’augmentation des lois restrictives concernant les relations entre personnes de même sexe et l’espace civique crée un environnement hostile à la santé publique. The Guardian précise que ces mesures, à l’instar de la « loi sur la souveraineté » en Ouganda, restreignent la capacité des groupes de la société civile à opérer et à recevoir des financements externes. L’impact sur le terrain est matériel et immédiat. Une enquête menée auprès de 79 organisations communautaires dans 47 pays révèle une chute brutale de l’offre de soins pour les groupes à haut risque :
  • Une réduction de 85 % des services destinés aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.
  • Une réduction de 82 % des services pour les travailleurs du sexe.

Lenacapavir : un espoir médical face au déclin des financements

Malgré ce contexte alarmant, la médecine offre une opportunité de rupture. Le lenacapavir, un médicament injectable administré deux fois par an, pourrait transformer la prévention. Cependant, l’efficacité de cet outil dépendra de sa capacité à être déployé à grande échelle, ce qui semble compromis par le manque de ressources. Winnie Byanyima avertit que l’absence de détection précoce pourrait aggraver la mortalité :

« Peut-être que davantage de personnes mourront parce qu’elles ne demandent pas de traitement assez tôt ou qu’elles ne commencent pas le traitement assez tôt. »

Winnie Byanyima, directrice de l’ONUSIDA L’enjeu est de taille. L’année dernière a enregistré 570 000 décès liés au sida et 1,2 million de nouvelles infections. Sans un engagement financier et politique renouvelé pour « infléchir la courbe », les experts craignent une remontée inévitable des nouvelles infections et de la mortalité liée au VIH. Consultez votre professionnel de santé pour toute question relative à la prévention et au traitement du VIH.

Find more reporting in our Santé section.

Lenacapavir : un espoir médical face au déclin des financements

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.