Le CDC Afrique, l’OMS et le gouvernement ougandais ont lancé l’Equipe continentale conjointe de soutien à la gestion des incidents (IMST) ce samedi à l’Université Makerere de Kampala. Cette plateforme opérationnelle unifiée vise à coordonner la réponse à l’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo.
L’IMST pour une réponse coordonnée en Afrique centrale
La création de l’IMST marque un tournant dans la gestion des crises sanitaires sur le continent. En réunissant des spécialistes de la surveillance, des systèmes de laboratoire, de la gestion des cas et de la logistique, cette nouvelle structure cherche à offrir une aide technique intégrée à l’Ouganda, à la République démocratique du Congo et aux pays voisins.“Le lancement marque une étape importante dans la consolidation de l’architecture de santé publique de l’Afrique et reflète un engagement partagé par le CDC Afrique, l’OMS et les Etats membres de l’Union africaine (UA) à établir des réponses plus rapides, coordonnées et dirigées par les pays face à des menaces de santé publique de plus en plus complexes”, selon le CDC Afrique.
L’objectif est de stabiliser la réponse face à la souche Bundibugyo en s’appuyant sur une approche multidisciplinaire. L’agence de santé publique de l’Union africaine souligne que la collaboration transfrontalière demeure un pilier essentiel de la sécurité sanitaire régionale.Vigilance accrue et surveillance des frontières en Afrique de l’Ouest
Parallèlement aux efforts en Afrique centrale, la CEDEAO intensifie ses mesures de prévention pour contrer tout risque d’importation du virus. Lors d’une réunion d’experts tenue à Dakar, les autorités ont confirmé que les douze États membres de l’organisation ont déjà activé leurs plans de contingence. La surveillance a été renforcée de manière stratégique dans les aéroports, aux postes-frontières et dans les principaux points d’entrée. Cette mobilisation répond à la crainte que les mouvements transfrontaliers et l’intensité des échanges commerciaux ne facilitent une propagation rapide du virus.“Même si l’évaluation des risques montre qu’à ce stade l’Afrique de l’Ouest reste relativement à l’abri, nous devons rester vigilants”, a prévenu Mamadou Diarrassouba, Directeur exécutif du Centre régional de surveillance et de contrôle des maladies (CRSCM).

| Épidémie Ebola (2014-2016) | Données de l’OMS et de la CEDEAO |
|---|---|
| Nombre de décès enregistrés | Plus de 11 000 personnes |
| Pays les plus durement touchés | Guinée-Conakry, Liberia et Sierra Leone |
| Impact systémique | Mise à rude épreuve des systèmes de santé régionaux |
L’importance cruciale du diagnostic précoce
La capacité de détection constitue le rempart principal contre une flambée incontrôlable. Pour la représentante du ministre sénégalais de la Santé, la réponse ne peut être isolée.“Aucun pays ne peut agir seul. La préparation aux urgences sanitaires exige une coopération régionale forte, une coordination efficace et un partage constant des expériences”, a soutenu la docteure Aïda Kanouté lors de l’ouverture des travaux à Dakar.

“Si vous détectez rapidement un cas, vous pouvez le gérer. Si la détection tarde, l’épidémie peut s’installer durablement, comme on l’observe actuellement en RDC”, a expliqué l’expert Ousmane Faye.
Cette stratégie repose sur un principe économique et sanitaire fondamental rappelé par le CRSCM : la préparation coûte moins cher que la réponse. L’enjeu des prochaines semaines sera de transformer cette vigilance accrue en une capacité de réaction opérationnelle immédiate sur l’ensemble du continent.Find more reporting in our Santé section.
