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Premiere Stages : Fondateur, histoire et avenir du théâtre

Premiere Stages : Une scène pour les nouvelles voix du théâtre américain

KEAN, New Jersey – Au cœur de l’université Kean, un théâtre se distingue par son engagement envers le développement de nouvelles pièces et le soutien aux artistes émergents : Premiere Stages. Fondé en 2005 par John J. Wooten, l’institution s’est rapidement imposée comme un incubateur essentiel pour les dramaturges contemporains, offrant une plateforme unique pour les œuvres originales et les dialogues sociaux pertinents.

Wooten, qui avait précédemment dirigé le TheatreFest à Montclair State University, a créé Premiere Stages avec une vision claire : offrir aux étudiants de Kean une opportunité concrète de collaborer avec des professionnels du théâtre. “Kean University venait d’ajouter une licence en théâtre et cherchait à développer un programme intégré qui offrirait aux étudiants la possibilité de travailler et d’apprendre auprès de professionnels de l’industrie”, explique Wooten. “L’idée était de leur donner un avantage lorsqu’ils seraient diplômés.”

Mais Premiere Stages est bien plus qu’un programme universitaire. Sa particularité réside dans son festival de pièces, dont le lauréat bénéficie d’une production complète l’année suivante, avec des acteurs professionnels syndiqués (Equity). Une approche rare dans le paysage théâtral américain, qui permet à des auteurs de voir leurs œuvres prendre vie sur scène. Wooten souligne que Premiere Stages ne se limite pas à la recherche de “premières mondiales”, offrant ainsi aux dramaturges la possibilité de sécuriser des productions ultérieures, un défi souvent rencontré dans l’industrie. Plusieurs pièces développées à Premiere Stages ont ainsi bénéficié de “rolling world premieres” grâce au New Play Network (NNPN), un réseau national de théâtres engagés dans le développement de nouvelles pièces.

L’engagement de Premiere Stages envers la diversité et l’inclusion est également notable. Wooten insiste sur l’importance de raconter des histoires qui reflètent la complexité du monde actuel et de créer un espace où les artistes de tous horizons se sentent représentés. “Nous avons toujours été axés sur la narration d’histoires d’actualité qui représentent équitablement nos publics et nos artistes”, affirme-t-il. “Nous étions engagés envers l’équité et la justice bien avant que cela ne devienne un point central de l’industrie.”

Le théâtre ne se contente pas de produire des pièces. Il s’engage activement avec la communauté locale, organisant des tables rondes, des expositions interactives et des événements spéciaux en lien avec les thèmes abordés dans les productions. Cette approche collaborative permet d’attirer de nouveaux publics et de susciter des conversations significatives. La production récente de “Diversion” de Scott Organ, par exemple, a été accompagnée d’une exposition dans le hall du théâtre et de discussions avec des organisations locales.

Avec un budget annuel d’environ 600 000 dollars, Premiere Stages emploie jusqu’à 70 artistes par an, grâce à son festival de pièces et son programme Play Factory, qui propose des résidences et des vitrines pour les nouveaux talents. Le théâtre a su maintenir sa vitalité grâce au soutien continu de l’université Kean, de donateurs privés et de fondations qui reconnaissent l’importance des arts dans la transformation des vies.

Wooten, qui a également dirigé d’autres compagnies théâtrales et travaillé comme réalisateur et dramaturge indépendant, cite New Dramatists comme une institution qu’il admire particulièrement pour son engagement envers le développement des dramaturges. “Pendant des années, je planifiais une journée en décembre pour m’asseoir dans la bibliothèque de ND pendant qu’Emily Morse me présentait une pile imposante de pièces”, se souvient-il. “Certains de ces auteurs sont devenus des finalistes au festival de Premiere Stages.”

Actuellement, Premiere Stages travaille sur “Effa Loves Baseball” de Pia Wilson et “Lia Del Mar” de Dacyl Acevedo, deux pièces prometteuses qui pourraient bien être produites dans les années à venir. Le théâtre se prépare également à présenter “Mala Aria” de Gloria Majule cet été.

Interrogé sur l’avenir du théâtre, Wooten se montre optimiste. “Je pense que le théâtre ressemblera beaucoup à ce qu’il est aujourd’hui”, prédit-il. “Le théâtre n’a pas beaucoup changé au cours des 100 dernières années par rapport au monde qui l’entoure. Bien sûr, les histoires et les personnes qui les racontent ont changé, mais ces histoires se déroulent généralement encore sur une scène avec un public qui partage l’expérience en regardant tout se dérouler. Si cette prémisse structurelle devait changer, cela se serait produit pendant le Covid, mais les gens ont regretté le théâtre en direct et la façon dont il les affectait.” Il ajoute que le théâtre pourrait même devenir plus compétitif à l’avenir, car il restera l’un des rares endroits où les acteurs humains pourront continuer à travailler exclusivement.

Premiere Stages, avec son engagement envers les nouvelles voix, la diversité et l’engagement communautaire, est un exemple inspirant de la vitalité du théâtre américain. Une scène où les histoires prennent vie et où les rêves se réalisent.

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