Le chanteur sud-coréen Psy, de son vrai nom Park Jae-sang, a été transféré au parquet par la police de Séoul le 29 mai 2026. L’artiste, ainsi que cinq autres personnes, est visé par une enquête pour violation de la loi sur la gestion des médicaments, concernant la prescription et la réception non conforme de psychotropes.
Une affaire de prescription et de réception illicite
enquête police Seodaemun Séoul
La justice sud-coréenne examine désormais les circonstances entourant la délivrance de médicaments psychotropes à l’artiste, comme le rapporte le journal Hankyoreh. L’enquête, menée par le commissariat de police de Seodaemun, porte sur une période allant de février 2022 à juillet 2025. Selon les éléments transmis au parquet du district ouest de Séoul, Psy aurait obtenu des ordonnances pour des substances classées comme psychotropes sans avoir fait l’objet d’un examen médical en présentiel.
Ces médicaments, notamment le Xanax et le Stilnox, sont strictement encadrés en raison de leur fort potentiel de dépendance et de leurs effets secondaires. La loi médicale en vigueur exige que seul le médecin ayant personnellement examiné le patient soit autorisé à rédiger une ordonnance, et que celle-ci soit retirée par le patient lui-même. Or, le dossier révèle que ces prescriptions ont été récupérées par des tiers, incluant le manager de l’artiste, une pratique qui constitue le cœur des accusations de violation de la loi médicale, selon les précisions apportées par MBC News.
Six personnes dans le viseur de la justice
Kyunghyang Shinmun
L’affaire ne concerne pas uniquement le chanteur. Outre Park Jae-sang, cinq autres individus ont été déférés au parquet le 29 mai dernier. Le groupe inclut un professeur d’un hôpital universitaire de Séoul, trois autres médecins liés à cet établissement, ainsi que le manager de Psy. Comme l’indique le quotidien Kyunghyang Shinmun, l’enquête cherche à déterminer le rôle exact de chaque protagoniste dans le circuit de prescription et de réception de ces substances. La responsabilité des médecins, qui auraient émis des ordonnances sans consultation physique, est particulièrement scrutée par les autorités judiciaires qui ont entamé leurs investigations dès la réception du dossier policier.
La position de l’agence P NATION
cluster (priority): 경향신문
Face aux accusations, l’agence de management du chanteur, P NATION, a tenté de clarifier la situation par le biais d’un communiqué officiel. Tout en reconnaissant une erreur de procédure, l’agence a réfuté les allégations de prescription illégale, affirmant que le chanteur suivait un traitement encadré par des professionnels de santé.
“Le fait d’avoir fait retirer des somnifères, qui sont des médicaments délivrés sur ordonnance, par un tiers est une faute manifeste et une négligence.” P NATION, agence de l’artiste
L’agence a toutefois insisté sur un point crucial pour sa défense : “Il n’y a pas eu de prescription par procuration. Le chanteur a pris les doses prescrites sous la supervision du personnel médical. Dans ce processus, il y a eu des cas où les somnifères ont été récupérés par une tierce personne.” Cette distinction entre la nature de la prescription, qu’ils jugent légitime, et le mode de réception, qu’ils admettent être fautif, constitue l’axe central de la défense de l’artiste devant le parquet.
Implications juridiques et prochaines étapes
cluster (priority): MBC 뉴스
Le transfert du dossier au parquet du district ouest de Séoul marque une montée en puissance de la procédure judiciaire. Le parquet dispose désormais des prérogatives nécessaires pour mener des interrogatoires approfondis et décider de l’opportunité de poursuites pénales formelles. La loi médicale sud-coréenne est rigoureuse concernant les psychotropes, et les sanctions peuvent varier selon la gravité de la violation, allant d’amendes administratives à des peines d’emprisonnement en cas de fraude avérée dans le processus de prescription.
Pour Psy, cette affaire survient alors que sa carrière publique, marquée par ses tournées à succès, reste sous le feu des projecteurs. Le défi pour ses avocats sera de démontrer que la volonté de se conformer à un traitement médical n’a pas été outrepassée par une volonté délibérée de contourner les protocoles de sécurité sanitaire. Les 30 prochains jours seront déterminants pour savoir si le parquet décidera de classer l’affaire, de proposer un règlement amiable ou de renvoyer l’ensemble des six suspects devant un tribunal correctionnel.