Philippe Jaenada a remporté le prix Goncourt 2026 pour L’Inconnue du quai de Javel et a révélé avoir utilisé l’intelligence artificielle à trois reprises lors de l’écriture.
Le prix Goncourt 2026 a été attribué le mardi 3 novembre au restaurant Drouant à Paris à Philippe Jaenada pour L’Inconnue du quai de Javel, publié aux éditions Flammarion. L’ouvrage de 528 pages, vendu au prix de 23 euros, s’est imposé avec six voix contre trois face au roman de Sylvain Prudhomme. L’écrivain de 62 ans succède ainsi à Laurent Mauvignier, lauréat du Goncourt 2025 avec La Maison vide.
Philippe Jaenada détaille ses trois usages de l’intelligence artificielle
Dès le lendemain de sa victoire, l’auteur a pris de court la critique en reconnaissant sur l’antenne de France Inter s’être servi de l’intelligence artificielle au cours de son écriture, d’après Ouest France. L’écrivain a détaillé dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse par sa maison d’édition, Flammarion, que l’utilisation amusée ou ironique, assumée surtout, de l’IA faisait d’ailleurs partie de son projet avant même de commencer à écrire.
Philippe Jaenada révèle la phrase écrite par l'intelligence artificielle cachée dans son roman « L'Inconnue du quai de Javel », sacré prix Goncourt 2026 ! Rendez-vous à la page 215. Si la formule « croire ça mange pas de pain » est bien de l'auteur, c'est l'IA qui a complété le… pic.twitter.com/pcDWvA6BOq
L’auteur a révélé sur RTL avoir inséré cette phrase à la page 215 de son livre : croire ça ne mange pas de pain, mais ça n’en met pas non plus sur la table
. L’écrivain a précisé qu’il s’agissait d’une simple moitié de phrase de dix mots, ajoutant : j’ai reçu, depuis la parution de +L’Inconnue du quai de Javel+, des dizaines de propositions de lectrices ou de lecteurs : personne n’a trouvé
.
L’éditeur Boréal avait écarté Thélyson Orélien après des soupçons d’IA
Son roman C’était ça ou mourir avait été écarté de la sélection du Goncourt et de l’ensemble des prix après des accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle. La maison d’édition canadienne Boréal avait par la suite mis fin à sa collaboration avec Thélyson Orélien après avoir découvert des balises d’IA dans les métadonnées des documents de travail, selon Marie Claire.
Philippe Jaenada a tenu à clarifier sa position par communiqué : Il est ridiculement absurde de penser une demi-seconde que je me suis servi de l’IA générative pour écrire quoi que ce soit dans ce livre
. Il plaide pour une approche lucide face aux mutations technologiques, estimant qu’on ne peut pas refouler l’IA, on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas
, tout en insistant sur la nécessité de l’apprivoiser sans se faire remplacer, comme le rapporte RTS.
Il faut s’en servir, il faut le reconnaître, il faut l’apprivoiser et ne pas se faire remplacer. Il faut qu’elle soit utile.
a ainsi conclu l'écrivain, rappelant que l'humain doit impérativement conserver le contrôle de sa propre création face aux nouveaux défis numériques.
En savoir plus sur Philippe Jaenada
"Il faut l'apprivoiser, pas se faire remplacer", Philippe Jaenada, prix Goncourt 2026, raconte comment il a utilisé l'IA dans son roman "L'Inconnue du quai de Javel"https://t.co/qw56TdBrEn
Philippe Jaenada, Goncourt 2026, a écrit une phrase avec l’IA dans son livre pour « jouer avec le lecteur » https://t.co/oT90kzPUnZ
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