Chute du Nasdaq après les élections de mi-mandat aux États-Unis

Le marché boursier américain a subi une onde de choc le 5 novembre 2026, l’indice Nasdaq plongeant de 5,52 % tandis que l’indice des semi-conducteurs de Philadelphie s’effondrait de 12,25 %, marquant sa plus forte baisse journalière depuis mars 2020.

L’impact des élections sur les infrastructures IA

La victoire des Démocrates au Congrès et l’élection de gouverneurs favorables à une réglementation accrue ont déclenché une réévaluation immédiate des perspectives de croissance pour l’intelligence artificielle. Les investisseurs craignent désormais que les projets de construction de centres de données, piliers de l’expansion du secteur, ne soient ralentis par des contraintes environnementales et des restrictions d’utilisation de l’eau et de l’énergie.

Au Texas, un État central pour ces infrastructures, le poids de ces projets atteint des niveaux significatifs. Cette incertitude politique a poussé des analystes, comme ceux de Jefferies, à réviser à la baisse les prévisions de capacité ajoutée pour 2030, tablant sur une réduction importante. La directrice de la stratégie boursière chez State Street, Marija Veitmane, souligne que la forte concentration des investisseurs dans le secteur des semi-conducteurs a exacerbé les risques lorsque le marché s’est soudainement retourné.

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Photo : Investing

Bruce Zaro, directeur général de Granite Wealth Management, note que l’installation de centres de données à proximité des zones résidentielles suscite une opposition croissante en raison de la pression exercée sur les réseaux électriques et les systèmes d’approvisionnement en eau. Si de nombreuses installations ont déjà reçu leur approbation, une large part attend encore les permis nécessaires, un processus qui s’annonce désormais ardu. Les analystes d’UBS estiment qu’environ 30 % des nouvelles capacités de centres de données prévues aux États-Unis pour 2028 pourraient être menacées par des suspensions potentielles de construction.

Entre crise de liquidité et bulle spéculative

Les experts financiers débattent de la nature de ce repli. Pour Rich Privorotsky, directeur des transactions Delta One chez Goldman Sachs, la situation rappelle davantage la crise du fonds LTCM (Long-Term Capital Management) de 1998, caractérisée par un choc de liquidité, que l’éclatement de la bulle internet de 2000. Privorotsky observe que le marché manque cruellement de capitaux à long terme pour absorber la pression vendeuse.

Le mécanisme de la chute a été amplifié par des facteurs techniques :

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Photo : UDN
  • Des ventes mécaniques déclenchées par des ETF à effet de levier, dont le volume de vente a pu atteindre des sommes considérables selon Nomura.
  • Un retrait massif des fonds de contrôle de la volatilité, estimé à des montants importants.
  • Une absence de contrepartie acheteuse de la part des investisseurs institutionnels à long terme, alors que le levier financier, selon les données de la FINRA, avait atteint un niveau record de 3,4.

Si les fondamentaux des entreprises technologiques diffèrent de ceux de l’ère 2000 — avec des flux de trésorerie et des bilans plus solides — le scepticisme grandit quant à la rentabilité des investissements massifs dans l’IA. CoreWeave, acteur clé du cloud, est devenu le baromètre de ces inquiétudes, ses obligations subissant une pression accrue alors que le rendement de ses dettes a grimpé, témoignant des doutes du marché sur la capacité de financement des infrastructures futures.

Perspectives et rationalisation

L’indice de volatilité VIX a bondi de 69,99 % pour atteindre 28,18 points le 5 novembre, signalant un état de « peur extrême » chez les investisseurs selon l’indice CNN Fear & Greed. Alors que les taux d’intérêt restent une préoccupation majeure, les responsables de la Réserve fédérale, dont Beth Hammack et Thomas Barkin, ont laissé entendre que le maintien d’une politique monétaire restrictive pourrait être nécessaire.

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Photo : 天下雜誌

Pour les entreprises du secteur, le défi est désormais de prouver que la demande pour les services d’IA reste robuste malgré les obstacles logistiques. Comme le souligne Ted Parkhill, fondateur d’Incline Investment Management, le marché est passé d’une phase de fascination pour les promesses de l’IA à un examen rigoureux des coûts opérationnels et de la viabilité économique des projets à long terme. Si le secteur des semi-conducteurs a vu sa valorisation compressée, avec certains ratios cours/bénéfices tombant à des niveaux inférieurs à ceux du marché global, la prudence reste de mise tant que la visibilité sur les rythmes de construction demeure incertaine.

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