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Philadelphie : retrait des panneaux sur l’esclavage à la Maison du Président

Philadelphia se rebelle contre la censure de l’histoire de l’esclavage à la Maison du Président

PHILADELPHIE – Une controverse enflamme Philadelphie après le retrait soudain, jeudi, de panneaux d’information sur l’esclavage à la Maison du Président, site historique géré par le National Park Service. Cette décision, perçue comme une tentative de réécriture de l’histoire américaine, a déclenché une vague d’indignation et une bataille juridique pour la restauration de ces témoignages cruciaux.

La Maison du Président, située au 6th et Market Streets, fut autrefois la résidence des présidents George Washington et John Adams. Lors de sa reconstruction en 2010, des militants locaux avaient insisté pour que l’histoire des personnes asservies qui y vivaient soit intégrée à l’exposition. Leur plaidoyer avait abouti, faisant de ce site le seul lieu historique fédéral américain à commémorer explicitement l’histoire de l’esclavage.

Le retrait des panneaux a été confirmé par Paul Steinke, directeur exécutif de la Preservation Alliance for Greater Philadelphia. “La décision semble motivée par le fait que la Maison du Président commémorait les neuf individus réduits en esclavage par le président Washington et son épouse Martha,” a-t-il déclaré. “C’est un jour terrible pour l’histoire américaine, pour Independence National Historical Park et pour notre ville.”

Cette action intervient dans le contexte d’un décret présidentiel signé en septembre dernier par l’ancien président Donald Trump, intitulé “Restaurer la vérité et la raison à l’histoire américaine”. Ce décret visait à éliminer ce qui était qualifié d'”endoctrinement idéologique ou de récits clivants” dans les sites historiques et les musées, mentionnant spécifiquement Independence National Historical Park et les musées de la Smithsonian Institution.

L’administration Trump avait donné à l’ancien secrétaire à l’Intérieur Doug Burgum jusqu’au 4 juillet 2026 pour mettre en œuvre ces changements, coïncidant avec le 250e anniversaire de l’indépendance américaine.

La réaction à Philadelphie a été immédiate et virulente. La ville a intenté une action en justice fédérale pour exiger la remise en place des panneaux. Le Conseil municipal de Philadelphie avait déjà adopté deux résolutions condamnant le décret présidentiel.

Le gouverneur de Pennsylvanie, Josh Shapiro, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux : “Donald Trump saisira toute occasion pour réécrire et blanchir notre histoire. Mais il a choisi la mauvaise ville – et il a certainement choisi le mauvais État. Nous tirons les leçons de notre histoire en Pennsylvanie, même quand elle est douloureuse.” (Voir son tweet ici : https://x.com/GovernorShapiro/status/2014493346010464503).

Le représentant démocrate Brendan Boyle, représentant Philadelphie, a qualifié le retrait des panneaux d'”absolument inacceptable”, soulignant la nécessité d’un récit honnête de l’histoire américaine.

Kenyatta Johnson, président du Conseil municipal de Philadelphie, a dénoncé une “tentative de blanchir l’histoire américaine”, affirmant que “l’histoire ne peut être effacée simplement parce qu’elle est inconfortable.”

Malgré le retrait des panneaux physiques, le site web officiel du National Park Service pour la Maison du Président continue de mentionner l’esclavage, soulignant que l’exposition inclut les perspectives des personnes asservies. “Bien que la maison ait été démolie en 1832, certaines de ses histoires sont préservées à travers des vidéos partagées du point de vue des individus asservis qui y ont vécu et travaillé, et des panneaux textuels mettent en lumière tout, des délégations tribales en visite au travail du pouvoir exécutif.”

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la manière dont l’histoire américaine est présentée et sur l’importance de ne pas occulter les aspects les plus sombres de son passé. La bataille pour la préservation de la mémoire de l’esclavage à la Maison du Président est loin d’être terminée, et elle symbolise un combat plus large pour la vérité et la justice dans la narration de l’histoire américaine.

L’impact de cette controverse dépasse les frontières de Philadelphie. Elle rappelle l’importance cruciale de la transparence et de l’honnêteté dans la présentation de l’histoire, et met en lumière les tensions persistantes autour de la mémoire collective et de l’identité nationale.

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