Le cours de l’or a atteint 4 202,30 dollars à la clôture du COMEX, soutenu par une prime structurelle persistante malgré des rendements obligataires au plus haut depuis 24 ans et des anticipations de taux fluctuantes.
La récente correction des marchés internationaux de l’or n’a pas effacé la résilience du métal précieux, solidement ancré au-dessus du seuil psychologique de 4 000 dollars l’once.
Le COMEX rebondit face à la Fed
Sur les marchés à terme, le COMEX a enregistré un rebond technique, progressant de 46,70 dollars pour s’établir à 4 202,30 dollars, d’après les données de RHB Research. Ce mouvement s’inscrit dans une semaine marquée par une baisse hebdomadaire, l’or au comptant ayant reculé pour s’établir à 4 188,28 dollars l’once vers 0625 GMT, pénalisé par un dollar plus ferme et des taux obligataires élevés tandis que les investisseurs guettaient les données sur l’emploi américain pour anticiper la trajectoire de la Réserve fédérale, comme l’a rapporté Reuters.

Les contrats à terme sur l’or américain ont de leur côté progressé de 0,4 % pour atteindre 4 218,60 dollars, alors que les rendements des emprunts du Trésor à 10 et 30 ans touchaient leurs plus hauts niveaux depuis 2002. Kyle Rodda, analyste financier senior chez Capital.com, a souligné que les opérateurs surveillent de près les attentes en matière de taux d’intérêt aux États-Unis et l’évolution géopolitique au Moyen-Orient. Lisa Cook, gouverneure de la Réserve fédérale, a déclaré le 30 septembre lors d’une conférence de la Fed de Richmond à Asheville, en Caroline du Nord, que l’inflation était « trop élevée depuis trop longtemps ».
Neel Kashkari, président de la Fed de Minneapolis, s’exprimant le même jour lors d’un événement du Council on Foreign Relations à New York, a estimé qu’un indice PCE plus doux ne modifiait pas fondamentalement son point de vue sur la persistance de l’inflation. D’après les données compilées par Thomson Reuters, les marchés évaluent à environ 26 % la probabilité d’une hausse des taux dès ce mois-ci, contre près de 70 % plus tôt dans la semaine, tout en maintenant une probabilité d’environ 80 % pour un resserrement en décembre.
Les achats massifs des banques centrales
La part du prix de l’or non justifiée par les rendements réels et le dollar s’établit désormais à environ 840 dollars l’once, contre près de 120 dollars avant 2022, d’après les estimations de Thomson Reuters. Cette dynamique est alimentée par les achats massifs des banques centrales qui cherchent à diversifier leurs réserves pour soutenir leurs monnaies, à l’instar des acquisitions historiques recensées par le World Gold Council, qui indiquait que les institutions centrales avaient ajouté 1 136 tonnes d’or d’une valeur d’environ 70 milliards de dollars à leurs réserves en 2022. La Chine, premier consommateur de lingots, a pour sa part importé 1 077 tonnes métriques de or au cours des huit premiers mois de l’année, confirmant des volumes annuels en passe d’atteindre leur plus haut niveau en onze ans.

Les vents contraires temporaires pour l’or sont immenses et, dans presque n’importe quel autre environnement, auraient probablement poussé les prix beaucoup plus bas. Les prix ne sont pas plus bas parce que les facteurs sous-jacents sont si forts. Je vois l’or en ce moment comme quelqu’un qui comprime un ressort.
Parallèlement, HSBC a souligné que les liquidations massives constatées notamment sur les fonds négociés en bourse (ETF) s’inversent à mesure que les facteurs structurels favorables à l’or avant le conflit iranien reprennent le dessus, la demande institutionnelle pour les grands lingots restant par ailleurs robuste.

Les prix pour les investisseurs en Malaisie
Si les variations sur les marchés internationaux retiennent l’attention, la répercussion sur le marché de détail local varie selon les pays. En Malaisie, les professionnels rappellent que les cours mondiaux ne se transmettent pas mécaniquement au comptoir. Mohd Razalie Abdul Rasul, directeur général d’Abdul Razak Gold House, souligne que la vigueur du ringgit, les marges des vendeurs et la nature spécifique des produits influencent directement le montant final payé ou perçu par les consommateurs, comme le relaye NST Online.
“Un prix international plus bas ne moins automatiquement un prix plus bas au comptoir. Le ringgit, le produit et la marge du vendeur modifient tous ce qu’un Malaisien paie ou reçoit réellement.”
Mohd Razalie Abdul Rasul, directeur général d’Abdul Razak Gold House, via NST Online
Du côté des perspectives économiques locales, les intervenants estiment que les mouvements de change restent déterminants. Une devise locale plus faible peut ainsi atténuer la baisse de l’or coté en dollars américains, alors qu’une devise plus forte accentue le recul perçu localement. Enfin, les analystes conseillent aux investisseurs de maintenir une petite allocation en or au sein d’un portefeuille diversifié tout en évitant de chercher à anticiper le point bas exact tant que les rendements réels demeurent élevés, après des acquisitions historiques recensées par le World Gold Council, qui indiquait que les institutions centrales avaient ajouté 1 136 tonnes d’or d’une valeur d’environ 70 milliards de dollars à leurs réserves en 2022.
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