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OMS alerte : souche Andes du virus Hanta transmissible entre humains

Une souche virale jusqu’ici sous-estimée

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé jeudi 14 mai 2026 que la souche *Andes* du virus Hanta, détectée parmi les passagers d’un navire de croisière, est transmissible entre humains. Cette annonce, liée à l’épidémie à bord du *MV Hundius*, soulève des questions sur les protocoles sanitaires internationaux et les risques émergents de zoonoses.

Une souche virale jusqu’ici sous-estimée

Les données épidémiologiques publiées par l’OMS révèlent que la souche *Andes* du virus Hanta — habituellement associée à des transmissions par rongeurs — a démontré une capacité inédite de propagation directe entre personnes. Cette découverte, annoncée lors d’un point presse à Genève, s’appuie sur des analyses génétiques réalisées à partir d’échantillons prélevés parmi les 478 passagers et 212 membres d’équipage du *MV Hundius*, un navire de croisière ayant fait escale dans plusieurs ports d’Amérique latine avant de signaler des cas suspects fin avril 2026.

Selon les experts de l’OMS, cette transmissibilité interhumaine — bien que documentée pour d’autres souches de virus Hanta (comme le virus Sin Nombre aux États-Unis) — n’avait jamais été confirmée pour la variante *Andes* dans des conditions naturelles. La souche, endémique dans certaines régions andines (Pérou, Argentine, Chili), était jusqu’alors considérée comme principalement vectrice par les rongeurs du genre *Oligoryzomys*.

« Les résultats suggèrent une mutation génétique récente qui a permis au virus de contourner les barrières interespèces. Cela nécessite une surveillance renforcée, notamment dans les zones où les populations humaines et les réservoirs animaux se croisent. »

Dr. Maria Van Kerkhove, directrice du programme d’urgence sanitaire de l’OMS

Le *MV Hundius* : épicentre d’une alerte sanitaire

Le navire *MV Hundius*, exploité par la compagnie *Hundred Seas Cruises* (siège à Panama), a été placé en quarantaine le 2 mai 2026 après qu’un passager ait présenté des symptômes compatibles avec une infection à Hanta : fièvre hémorragique, douleurs abdominales et insuffisance rénale aiguë. Les autorités sanitaires du Pérou, premier port d’escale après l’apparition des premiers cas, ont immédiatement alerté l’OMS.

Parmi les 12 cas confirmés à ce jour (dont 3 décès), les analyses génomiques ont révélé une identité virale à 99,8 % avec des souches *Andes* isolées chez des rongeurs dans la région de Cuzco. Cependant, l’absence de contact direct avec des animaux chez les passagers infectés a conduit les virologues à écarter une transmission vectorielle classique. « Le scénario le plus plausible est une transmission par gouttelettes respiratoires ou contact avec des fluides corporels », précise un rapport interne de l’OMS consulté par *Nouvelles*.

La compagnie *Hundred Seas Cruises* a suspendu ses rotations dans les eaux sud-américaines et collaboré avec les autorités pour un dépistage massif de l’équipage. À ce stade, aucun nouveau cas n’a été signalé depuis le 10 mai, mais l’OMS maintient un niveau d’alerte « élevé » en raison du potentiel de dissémination internationale.

Risques et réponses internationales

La confirmation de la transmissibilité interhumaine de la souche *Andes* interroge sur les protocoles de prévention en vigueur. Contrairement à d’autres virus hémorragiques (comme Ebola ou Marburg), le virus Hanta n’est pas soumis à des mesures de contrôle strictes aux frontières, en raison de son mode de transmission historique. « Cela illustre une faille dans notre préparation face aux émergences virales », souligne un rapport préparatoire du Comité d’urgence de l’OMS, cité par des sources diplomatiques.

Deadly Hantavirus Outbreak Identified as Andes Strain

Plusieurs pays ont déjà renforcé leurs contrôles :
Argentine : Le ministère de la Santé a émis une alerte sanitaire pour les provinces de Jujuy et Salta, zones frontalières avec la Bolivie.
États-Unis : Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont publié jeudi une recommandation aux voyageurs se rendant en Amérique latine, insistant sur l’évitement des zones rurales et la vaccination contre la leptospirose (souvent co-infectée).
Union européenne : La Commission européenne a demandé à l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) d’évaluer les risques pour les importations de produits agricoles en provenance d’Amérique du Sud.

L’OMS envisage la convocation d’un groupe d’experts pour le 28 mai afin d’évaluer la nécessité d’un plan de réponse global, incluant éventuellement un appel à la recherche sur des vaccins ou traitements ciblant la souche *Andes*. En attendant, les recommandations se limitent à des mesures barrières classiques : port de masques dans les zones à risque, hygiène renforcée et isolement des cas suspects.

Un précédent pour les maladies zoonotiques ?

L’affaire du *MV Hundius* s’inscrit dans une série d’émergences récentes liées à des virus zoonotiques, où des pathogènes animaux acquièrent une capacité de transmission humaine. En 2025, le virus Langat (un flavivirus) avait déjà surpris les scientifiques en se transmettant entre humains en Malaisie, après des décennies de circulation silencieuse chez les rongeurs. « Nous assistons à une accélération des sauts d’espèce, probablement sous l’effet du changement climatique et de la pression anthropique sur les écosystèmes », explique le Dr. Peter Daszak, président de l’EcoHealth Alliance, dans une interview à *The Lancet* publiée mercredi.

Pour les épidémiologistes, le cas du virus Hanta *Andes* soulève deux enjeux majeurs :
1. La détection précoce : Les symptômes initiaux (fièvre, maux de tête) sont non spécifiques, retardant souvent le diagnostic. L’OMS travaille sur des tests PCR plus sensibles, actuellement en phase de validation.
2. La préparation aux pandémies : La souche *Andes* rappelle que les virus émergents ne suivent pas toujours les scénarios prévus. « Nous devons cesser de nous focaliser sur les “pathogènes prioritaires” listés par l’OMS et élargir notre veille », estime un rapport du *Global Virome Project*, cité par des sources scientifiques.

Prochaines étapes : incertitudes et vigilance

À ce stade, l’OMS refuse d’évoquer un risque pandémique, mais insiste sur la nécessité de « renforcer la surveillance dans les régions où la souche *Andes* est endémique ». Plusieurs questions restent en suspens :
L’origine exacte de la mutation : Les séquences virales analysées suggèrent une évolution récente, mais les chercheurs ignorent si elle est liée à un passage animal-humain unique ou à une circulation cryptique chez l’homme.
L’efficacité des traitements existants : Le ribavirine, utilisé pour les infections à Hanta, n’a jamais été testé sur une souche transmissible entre humains. Des essais cliniques pourraient être lancés dans les prochaines semaines.
Les implications pour les voyages : Aucun pays n’a pour l’instant interdit les croisières ou les voyages en Amérique du Sud, mais des assurances voyage pourraient intégrer des clauses spécifiques pour les zones à risque.

Pour l’instant, les autorités sanitaires appellent à la prudence sans alarmisme. « Nous ne sommes pas face à une urgence de niveau international, mais à un rappel que les maladies infectieuses évoluent », a déclaré le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une réunion du Conseil exécutif de l’OMS. La prochaine réunion du Comité d’urgence, prévue pour fin mai, pourrait however marquer un tournant si de nouveaux cas sont identifiés hors du *MV Hundius*.

En attendant, les laboratoires du monde entier scrutent les séquences génomiques du virus *Andes*, tandis que les épidémiologistes rappellent une leçon simple : dans un monde où les frontières s’estompent pour les pathogènes comme pour les humains, la vigilance doit être permanente.

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