Les obligations d’État européennes gagnent en attractivité face à la volatilité des marchés
PARIS – La volatilité accrue des marchés boursiers, alimentée par les tensions commerciales persistantes et les incertitudes liées à l’intelligence artificielle, pousse les investisseurs à se tourner vers les obligations d’État, selon une analyse récente d’ING. Ce mouvement est particulièrement notable en Europe, où les obligations gouvernementales, traditionnellement fragilisées par les épisodes de risque, affichent une résilience surprenante.
Lundi, la reprise des tensions commerciales et les inquiétudes concernant l’IA ont entraîné une baisse des taux, signalant un intérêt croissant pour les actifs plus sûrs. Si les perturbations commerciales créent une incertitude générale, leur impact macroéconomique global reste nuancé. Les tarifs douaniers imposés par les États-Unis à l’Union européenne depuis l’année dernière n’ont pas freiné la reprise économique, bien qu’une baisse des taux puisse être bénéfique, sans pour autant être décisive.
L’impact sur l’économie américaine pourrait être plus important, une nouvelle vague d’incertitude commerciale pesant sur la confiance des investisseurs. Les rendements des bons du Trésor américain ont d’ailleurs augmenté plus fortement, reflétant cette perception.
Cependant, l’histoire des tarifs douaniers ne peut être dissociée des inquiétudes persistantes concernant l’IA. Les investisseurs sont de plus en plus sélectifs quant à l’impact de l’IA sur différents modèles économiques, et cette prudence devrait perdurer.
Cette situation pourrait entraîner une volatilité prolongée des marchés boursiers, rendant les obligations plus attrayantes sur la base d’un ajustement du risque. L’écart entre les rendements des obligations d’État italiennes (BTP) et allemandes (Bund) se maintient autour de 60 points de base, un niveau bas. Les obligations gouvernementales européennes, traditionnellement sensibles à la volatilité boursière, semblent moins vulnérables cette fois-ci et pourraient même en sortir gagnantes.
Calendrier économique et perspectives
Mardi, l’attention se portera sur les indicateurs de confiance en France, sans autres données majeures prévues en Europe. Aux États-Unis, les indices de la Conference Board, qui devraient passer de 84,5 à 87,0, seront scrutés. Le ralentissement de la confiance des consommateurs américains reste une source de préoccupation, et une légère remontée serait positive pour les perspectives de croissance. Les chiffres hebdomadaires des demandes d’allocations chômage seront également suivis de près pour évaluer le refroidissement du marché du travail.
Côté offre, l’Espagne lancera une syndication d’une obligation à 30 ans pour environ 7 milliards d’euros. L’Italie vendra des obligations à 2 ans (BTP) ainsi que des obligations indexées sur l’inflation à 5 et 10 ans pour un total de 4,5 milliards d’euros. Les États-Unis émettront, quant à eux, des obligations pour un total de 69 milliards de dollars.
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