La startup californienne Noon Energy a conclu un accord avec l’entreprise Sabanci Renewables pour installer 1 gigawatt de puissance et 100 GWh de capacité de stockage d’énergie aux États-Unis afin de soutenir les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle, selon des informations publiées en août.
Face à l’explosion des besoins en électricité des infrastructures d’intelligence artificielle, le secteur technologique se tourne de plus en plus vers des solutions de stockage de longue durée. Selon Villanyautosok, l’accord annoncé le 13 août prévoit la mise en œuvre de projets conjoints d’accumulation d’énergie de type LDES (Long Duration Energy Storage), intégrant les batteries à oxydes solides réversibles de Noon Energy dans le portefeuille d’énergie renouvelable de Sabanci Renewables. L’objectif affiché est d’assurer une alimentation électrique stable et tiszta propre pour les infrastructures d’IA aux États-Unis.
Le fonctionnement des batteries à oxydes solides de Noon Energy
La technologie développée par Noon Energy repose sur l’utilisation du même matériel — des cellules et des stacks — dans deux modes distincts. Pendant la phase de charge, le système fonctionne comme un électrolyseur. Il utilise l’électricité pour décomposer le dioxyde de carbone en un combustible à base de carbone, principalement du monoxyde de carbone (CO), ainsi qu’en oxygène. L’oxygène est rejeté dans l’atmosphère, tandis que le combustible carboné est conservé dans un réservoir de stockage à bas coût.
Cette méthode permet de convertir l’énergie électrique en énergie chimique pour une conservation prolongée, pouvant s’étendre sur des semaines ou des mois. Lors de la phase de décharge, la cellule repasse en mode pile à combustible traditionnelle : elle combine le combustible stocké avec l’oxygène de l’air pour reconstituer le CO₂, tout en produisant de l’électricité. Le processus est propre, et le dioxyde de carbone généré est récupéré pour le cycle de charge suivant. D’après les spécifications de l’entreprise, chaque unité conteneurisée dispose d’une puissance de 100 kW et d’une autonomie de fonctionnement continu dépassant les 100 heures.
Densité énergétique et déploiement face à la pression sur les réseaux
En raison de leur forte densité énergétique, ces systèmes occupent une superficie nettement inférieure à celle des autres technologies de stockage longue durée. D’après Villanyautosok, les conteneurs de Noon Energy nécessitent une surface cent fois plus petite que celle des batteries à flux, tout en surclassant les accumulateurs lithium-ion en termes de compacité. Cette caractéristique s’avère particulièrement précieuse pour les sites disposant d’un espace restreint.
Ce partenariat avec Sabanci Renewables s’inscrit dans un plan plus large visant à développer un portefeuille renouvelable de 3 GW aux États-Unis sur les cinq prochaines années. Auparavant, Noon Energy avait officialisé un autre accord avec Meta portant également sur une capacité de 1 GW / 100 GWh, dont la première tranche consistera en un projet de 25 MW / 2,5 GWh prévu pour une mise en service en 2028. D’autres acteurs américains comme Form Energy, avec ses batteries fer-air fondées sur un processus de rouille réversible, ciblent également la tranche des 100 heures.
Le défi du raccordement et la notion de rapidité d’accès à l’énergie
La prolifération de ces accords s’explique par la saturation des réseaux électriques traditionnels. Les centres de données exigent une continuité d’alimentation absolue, ce qui a popularisé la notion de speed to power
— la rapidité avec laquelle la capacité électrique requise peut être rendue opérationnelle. Un rapport du Lawrence Berkeley National Laboratory publié cette année met en lumière les retards de raccordement au réseau, qualifiés de goulet d’étranglement majeur pour les grands consommateurs.
Par ailleurs, la société de conseil en immobilier CBRE indique que la disponibilité de l’électricité et les contraintes d’infrastructure dictent désormais le choix des implantations et les calendriers de construction des centres de données. Dans ce contexte tendu, les entreprises du secteur de l’intelligence artificielle se montrent disposées à financer le coût initial élevé de ces technologies innovantes. Selon l’analyse rapportée, cet investissement initial accélère le déploiement industriel et la baisse des coûts à terme, dont d’autres types d’utilisateurs finaux pourront à l’avenir bénéficier pour surmonter, par exemple, une semaine entière de météo nuageuse.
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