Mozambique : Reprise d’un mégaprojet gazier de 20 milliards de dollars après des années de violence
AFUNGI, Mozambique – TotalEnergies a annoncé jeudi la reprise de son projet gazier de 20 milliards de dollars dans le nord du Mozambique, interrompu en 2021 en raison d’une insurrection qui a fait des milliers de morts et déplacé plus d’un million de personnes. La reprise de ce projet, l’un des plus importants investissements énergétiques d’Afrique, est perçue comme un tournant potentiel pour l’économie du Mozambique, un pays de 34 millions d’habitants confronté à des difficultés économiques.
Le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) est censé stimuler la croissance économique du Mozambique, un pays d’Afrique australe qui peine à sortir de la pauvreté. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a annoncé un « redémarrage complet » des opérations, prévoyant une première livraison de gaz en 2029 et une « montée en puissance massive de l’activité dans les mois à venir ». « La force majeure est levée », a-t-il déclaré lors d’un événement auquel a assisté le président mozambicain Daniel Chapo, sur le site du projet à Afungi, dans la région riche en gaz de Cabo Delgado.
L’arrêt des opérations en avril 2021 était survenu alors que le mouvement rebelle gagnait en force et que les attaques se propageaient dans toute la province de Cabo Delgado, déstabilisant les communautés locales. En réponse, le Mozambique a sollicité l’aide de troupes de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que du Rwanda. Si les forces de la SADC se sont retirées en 2024 à l’expiration de leur mandat, les troupes rwandaises restent déployées. Les combats ont diminué depuis, bien que des affrontements sporadiques persistent.
La reprise du projet intervient alors que le président Chapo, élu en 2024 sur un programme de relance économique et d’amélioration de la sécurité, cherche à changer la perception du Mozambique à l’étranger. « Lorsque l’on parle de Cabo Delgado, la première chose qui vient à l’esprit est le terrorisme », a-t-il déclaré. « Il était nécessaire de montrer au monde, au pays, à la région et au continent qu’à Cabo Delgado, à Afungi, les travaux ont effectivement repris. »
Le gouvernement mozambicain espère que le projet générera des milliards de dollars de revenus, avec des participations minoritaires pour l’État, ainsi que pour des investisseurs d’Inde, du Japon et de Thaïlande. Selon les estimations, le projet créera plus de 4 000 emplois, dont 80 % seront pourvus par des citoyens mozambicains, avec des programmes de formation pour les jeunes dans des métiers tels que la menuiserie et l’électricité.
TotalEnergies s’est également engagé à fournir une aide suite aux inondations dévastatrices qui ont frappé le Mozambique, ainsi que l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, début mars, faisant plus de 300 morts selon les agences des Nations unies.
La reprise de ce projet est un signal fort pour l’investissement étranger en Afrique, mais elle soulève également des questions sur la sécurité à long terme et la répartition équitable des bénéfices. Les organisations internationales, telles que l’ONU, ont appelé à une approche inclusive qui tienne compte des besoins des communautés locales et garantisse que les revenus générés par le projet soient utilisés pour le développement durable.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une publication Instagram du gouvernement mozambicain ou de TotalEnergies concernant la reprise du projet.]
Source : Associated Press, avec des informations de Charles Mangwiro à Maputo, Mozambique.
