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Mozambique : Tentative de meurtre d’un journaliste d’investigation

Mozambique : Un journaliste échappe à une tentative d’assassinat, l’inquiétude monte face à la répression des médias

Chimoio, Mozambique – Un journaliste mozambicain, Carlitos Candangue, a survécu à une tentative d’assassinat le 4 février, alors qu’il rentrait chez lui avec son fils dans la province de Manica. L’incident, qui a vu des hommes armés, soupçonnés d’être des policiers, ouvrir le feu sur son véhicule, soulève de sérieuses préoccupations quant à la sécurité des journalistes au Mozambique et la liberté de la presse dans le pays.

Candangue, qui travaille pour SOICO Television (STV), enquêtait sur l’exploitation minière illégale d’or dans la province de Manica. Selon ses dires, il avait reçu des menaces de mort avant l’attaque, suite à ses reportages qui ont conduit à la suspension des licences de plusieurs entreprises minières, y compris celles impliquées dans des activités illégales.

“Cette tentative de meurtre est un acte effronté visant à faire taire un journaliste qui a mis en lumière les agissements de personnes puissantes et à intimider les autres pour qu’ils ne fassent pas de même”, a déclaré Tigere Chagutah, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est et australe, dans un communiqué. “Les autorités doivent mener une enquête rapide, approfondie, indépendante, impartiale, efficace et transparente sur cette tentative de meurtre et traduire en justice, dans le cadre d’un procès équitable, toute personne suspectée d’être responsable.”

Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de répression croissante des médias au Mozambique. Amnesty International a documenté plusieurs cas de journalistes assassinés ou portés disparus ces derniers mois. João Chamusse, rédacteur en chef du journal Ponto por Ponto, a été retrouvé mort chez lui en décembre 2023. Arlindo Chissale, un autre journaliste, a disparu le 7 janvier 2025, des témoins affirmant l’avoir vu être enlevé et agressé par des individus se disant membres des forces de défense et de sécurité.

Le Mozambique, classé 111ème sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2023 de Reporters sans frontières, est confronté à des défis croissants en matière de protection des journalistes. L’impunité dont jouissent les auteurs d’attaques contre les médias alimente un climat de peur et d’autocensure.

“Les autorités doivent prendre des mesures urgentes pour protéger les journalistes contre le harcèlement, l’intimidation et les menaces à leur vie, qu’elles proviennent d’acteurs étatiques ou de particuliers”, a insisté Chagutah. “Elles doivent garantir la sécurité des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme et des militants du pays et mettre fin à la culture de l’impunité qui alimente ces attaques.”

L’exploitation minière illégale est un problème majeur au Mozambique, alimentant la corruption et la criminalité organisée. Les reportages de Candangue ont mis en lumière les liens entre les entreprises minières illégales et les responsables corrompus, ce qui pourrait expliquer la tentative d’assassinat.

Les organisations internationales de défense des droits de l’homme appellent le gouvernement mozambicain à prendre des mesures concrètes pour protéger les journalistes et garantir la liberté de la presse. La sécurité des journalistes est essentielle pour le fonctionnement d’une société démocratique et pour la lutte contre la corruption et l’impunité.

Lien vers le reportage original sur Pressreader
Lien vers l’article de DW sur la suspension des licences minières
Lien vers le rapport d’Amnesty International sur l’assassinat de João Chamusse
Lien vers le rapport d’Amnesty International sur la disparition d’Arlindo Chissale

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