Nouvelle plainte pour « destruction de preuves » dans l’affaire El Hacen Diarra, mort après son interpellation
Paris – L’avocat de la famille d’El Hacen Diarra, un homme de 35 ans décédé après son interpellation dans le 20e arrondissement de Paris, a annoncé ce lundi le dépôt d’une nouvelle plainte pour « destruction de preuves » et demandé le dépaysement de l’enquête. Cette annonce intervient dans un contexte de vives tensions et d’opacité entourant les circonstances du décès de M. Diarra, survenu après une interpellation filmée par un riverain.
La vidéo, largement diffusée, montre deux policiers intervenant sur l’homme au sol, dont l’un porte des coups de poing. L’affaire a suscité une forte émotion et des manifestations, notamment une marche en hommage à la victime le week-end dernier.
L’enquête, initialement ouverte pour « recherche des causes de la mort », a été requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort par personne dépositaire de l’autorité publique » cinq jours après les faits. Cependant, l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou, dénonce un manque de transparence et des obstacles à la recherche de la vérité.
« Une explication techniquement impossible et suspecte », selon Me Bouzrou, a été avancée concernant l’absence d’images des caméras-piétons des policiers intervenus. Le parquet a justifié cette absence par une décharge de batterie, ce que l’avocat conteste fermement, soulignant que ces caméras sont censées fonctionner pendant douze heures.
La plainte déposée ce lundi vise également à dénoncer « l’opacité persistante » de la procureure de Paris, Laure Beccuau, et de la juge d’instruction en charge de l’affaire, qui refusent de communiquer les vidéos et les conclusions de l’autopsie à la famille.
« La famille refuse que la vérité soit étouffée. La justice doit enfin agir avec transparence », a déclaré Me Bouzrou. Il demande le dépaysement de l’enquête afin de garantir son impartialité.
La mort d’El Hacen Diarra s’inscrit dans un contexte plus large de critiques envers les pratiques policières en France, et soulève des questions sur la transparence des enquêtes internes et la responsabilité des forces de l’ordre. Selon les données du Défenseur des droits, les signalements de violences policières ont augmenté de 22% en 2022, témoignant d’une préoccupation croissante de la société civile.
Le parquet de Paris avait initialement indiqué que l’autopsie n’avait pas permis de déterminer avec certitude la cause du décès, des examens complémentaires ayant été ordonnés. Les résultats de ces examens n’ont pas encore été rendus publics.
L’affaire continue de susciter un vif débat public, avec des appels à la justice et à la vérité de la part de nombreuses associations et personnalités. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JusticePourElHacenDiarra est largement utilisé pour relayer l’information et exprimer l’indignation.
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Le Monde continue de suivre de près cette affaire et vous tiendra informés des développements à venir.
