Face à la propagation inquiétante de l’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda, les autorités taïwanaises imposent, dès le 2 juin 2026, une restriction d’entrée sur le territoire pour les résidents de ces deux pays. Cette mesure exceptionnelle, visant à protéger la santé publique, durera 90 jours avec des exceptions strictement encadrées.
Le durcissement des mesures aux frontières taïwanaises
Le ministère de la Santé et du Bien-être, par l’intermédiaire de la Direction générale du contrôle des maladies (CDC), a annoncé un virage sécuritaire majeur pour contrer le risque d’importation du virus Ebola. À compter du 2 juin 2026 à minuit, le gouvernement suspend temporairement la délivrance de visas pour les résidents de la République démocratique du Congo (RDC) et de l’Ouganda. Les voyageurs déjà munis d’un visa verront leur entrée différée pendant une période initiale de 90 jours.

Cette décision, qui marque la première restriction d’entrée pour des raisons sanitaires depuis la levée des mesures liées au COVID-19 en 2022, a été coordonnée avec le ministère des Affaires étrangères, le Bureau des affaires consulaires, l’Agence nationale de l’immigration et l’Administration de l’aéronautique civile, selon les précisions apportées par ETtoday.
Les exceptions et le protocole de suivi sanitaire
Bien que la mesure soit drastique, Taïwan maintient des exceptions pour quatre catégories de personnes jugées prioritaires ou humanitaires : les étudiants titulaires d’une autorisation d’admission, le personnel diplomatique et officiel, les conjoints non nationaux de citoyens taïwanais ainsi que leurs enfants mineurs, et les personnes traitant des urgences humanitaires, comme le décès d’un proche ou la visite d’un parent gravement malade.

Pour ceux autorisés à entrer sur le territoire, la surveillance est renforcée. Comme l’indique le rapport de la CDC, tout voyageur ayant séjourné dans ces zones au cours des 21 derniers jours doit se présenter spontanément aux stations de quarantaine aéroportuaires. Ils devront alors remplir un formulaire de gestion autonome de la santé pendant 21 jours. En cas d’apparition de symptômes — fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, nausées ou hémorragies — le voyageur doit contacter immédiatement la ligne de prévention 1922 pour une prise en charge médicale sécurisée.
Une crise sanitaire qui s’intensifie en Afrique centrale
La situation épidémiologique en RDC et en Ouganda justifie cette vigilance accrue. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêtées au 27 mai 2026, la RDC a enregistré 906 cas, dont 223 décès, tandis que l’Ouganda fait état de 7 cas confirmés et d’un décès. La chaîne publique PNN souligne que la souche en circulation, la variante « Bundibugyo », est particulièrement redoutable :

Cette souche est rare, avec un taux de mortalité variant de 30 % à 50 %, et ne dispose actuellement d’aucun vaccin préventif homologué, ce qui place le personnel médical de première ligne dans une situation extrêmement périlleuse.
Le contexte est aggravé par des conflits armés dans la province de l’Ituri, où vivent environ un million de personnes déplacées dans des conditions sanitaires précaires. Le secrétaire général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est rendu sur place pour exhorter la communauté internationale à intensifier l’aide médicale plutôt que de se contenter de mesures restrictives.
Coordination internationale et réponse régionale
Taïwan n’est pas le seul État à durcir sa politique migratoire face à cette menace. Comme l’a rapporté Newtalk, les États-Unis, le Mexique et le Canada ont publié une déclaration commune annonçant des mesures de santé publique harmonisées pour les voyageurs en provenance des zones à risque. Le Canada, en particulier, a interdit l’entrée des résidents de RDC, d’Ouganda et du Soudan du Sud pour 90 jours, tout en imposant une quarantaine de 21 jours à ses propres citoyens revenant de ces régions dès le 30 mai.

Pour Taïwan, ces mesures resteront évolutives. La CDC a prévenu que les restrictions seront réévaluées en fonction de l’évolution de la situation sanitaire mondiale et des risques réels aux frontières. En attendant, le niveau d’alerte pour les voyages vers la RDC et l’Ouganda est maintenu au niveau 3, « Avertissement », déconseillant tout déplacement non indispensable.
