Montée en puissance des puces IA chinoises : Montage Technology bondit à Hong Kong dans un contexte de concurrence accrue
GUANGZHOU, Chine – Le fabricant chinois de puces d’interconnexion Montage Technology a connu un début de cotation spectaculaire à Hong Kong lundi, les actions grimpant d’environ 60 % après une introduction en bourse qui a levé 902 millions de dollars. Ce succès intervient dans un contexte d’efforts croissants de la Chine pour atteindre l’autosuffisance dans le domaine crucial des semi-conducteurs, et de restrictions américaines sur les exportations de technologies avancées vers le pays.
L’action a clôturé à 171 HKD, bien au-dessus du prix d’offre de 106,89 HKD, reflétant un fort appétit des investisseurs pour les entreprises chinoises spécialisées dans l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs. L’offre publique à Hong Kong a été sursouscrite plus de 700 fois, tandis que l’offre internationale a été couverte près de 38 fois, selon les données de la bourse de Hong Kong.
Fondée en 2004 et basée à Shanghai, Montage Technology se concentre sur le développement de semi-conducteurs haute performance destinés aux applications de cloud computing, aux centres de données et à l’intelligence artificielle. La capitalisation boursière de l’entreprise sur le continent chinois s’élève à environ 27 milliards de dollars, selon les données de LSEG.
L’introduction en bourse de Montage Technology s’inscrit dans une tendance plus large. Au cours des derniers mois, plusieurs entreprises chinoises de puces IA, dont GigaDevice Semiconductor, OmniVision Integrated Circuits, Biren Technology, MetaX, Moore Threads et Shanghai Iluvatar CoreX Semiconductor, ont également fait leur entrée en bourse.
Cette vague d’introductions en bourse est directement liée à la stratégie du gouvernement chinois visant à réduire sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs américains de puces, tels que Nvidia, dont les exportations de technologies de pointe vers la Chine sont limitées par les contrôles américains. Les restrictions américaines, motivées par des préoccupations de sécurité nationale, ont incité Pékin à investir massivement dans le développement de ses propres capacités en matière de semi-conducteurs.
Cependant, le marché chinois des puces IA est de plus en plus concurrentiel. Le géant technologique Huawei et sa division de puces HiSilicon détiennent déjà une part de marché importante.
Malgré ces défis, des signes récents suggèrent un certain assouplissement des restrictions américaines. L’administration Trump a récemment autorisé Nvidia à vendre sa puce H200 à la Chine. Bien que moins avancée que les technologies les plus récentes de Nvidia, la H200 représente une amélioration significative par rapport à toute puce IA précédemment vendue sur le marché chinois.
En fin janvier, la Chine a approuvé un premier lot d’importations de H200 pour plusieurs entreprises technologiques nationales, dont ByteDance, Alibaba, Tencent et DeepSeek, selon des sources de Reuters. Cependant, ces approbations sont soumises à des conditions spécifiques, et les règles finales sont encore en cours de finalisation.
L’essor des entreprises chinoises de puces IA, combiné à l’évolution de la politique américaine, pourrait remodeler le paysage mondial des semi-conducteurs. Selon une analyse de Counterpoint Research, le marché mondial des puces d’IA devrait atteindre 300 milliards de dollars d’ici 2028, avec la Chine comme l’un des principaux moteurs de croissance. La capacité de la Chine à développer et à produire ses propres puces IA sera cruciale pour son avenir économique et technologique.
[Image d’une machine robotique fabriquant une puce semi-conductrice lors du sommet des investissements The Advantage Assam 2.0 à Guwahati, en Inde, le 25 février 2025. Crédit : Nurphoto | Nurphoto | Getty Images]
