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Minneapolis : vidéo contredit la version des faits du DHS sur un tir mortel

Minneapolis : Un nouveau vidéo contredit la version des faits du DHS concernant la mort d’Alex Pretti

Minneapolis, Minnesota – Une vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux remet en question la version des événements fournie par le Département de la Sécurité intérieure (DHS) concernant la mort d’Alex Pretti, 37 ans, abattu par des agents fédéraux en plein jour samedi dernier. La vidéo, publiée par Drop Site News et disponible sur X (anciennement Twitter) https://x.com/ryangrim/status/2015132217878384791, montre M. Pretti apparemment en train de diriger la circulation et de filmer les agents fédéraux avec son téléphone.

La séquence montre ensuite M. Pretti étant aspergé de gaz poivre et maîtrisé au sol par plusieurs agents. Des coups de feu retentissent alors qu’il est déjà immobilisé. Cette vidéo contredit directement la déclaration initiale du DHS, qui affirmait que M. Pretti avait menacé les agents avec un pistolet semi-automatique de 9 mm.

Le DHS a publié une photographie d’une arme à feu, affirmant qu’elle appartenait à M. Pretti. Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a confirmé que M. Pretti était titulaire d’un permis d’armes à feu, mais la vidéo de Drop Site News montre clairement qu’il ne tenait pas d’arme au moment de l’intervention des agents, ni lorsqu’il a été violemment plaqué au sol. Il tenait uniquement son téléphone pour enregistrer la scène.

La vidéo, corroborée par d’autres prises de vue prises sous différents angles, remet en cause la description du DHS d’une situation d’urgence nécessitant l’usage de la force létale. Le DHS avait même suggéré que M. Pretti cherchait à “infliger des dégâts maximums et massacrer les forces de l’ordre”, une affirmation catégoriquement réfutée par les images disponibles.

Un contexte de remise en question de la transparence du DHS

Cet incident intervient dans un contexte de critiques croissantes à l’égard du DHS et de sa transparence, notamment sous l’administration Trump. En début de janvier, le DHS avait accusé Renée Good, une femme abattue par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), de “terrorisme intérieur”, une accusation rapidement démentie par des analyses vidéo de l’incident. Les images montraient Mme Good tentant de s’éloigner des agents en voiture, et non de les agresser, comme l’avait initialement affirmé l’administration.

L’affaire Pretti rappelle également celle de Renée Good, où l’administration Trump avait initialement cherché à enquêter sur le partenaire de la victime plutôt que sur l’agent responsable de sa mort. Cette décision avait conduit à la démission de plusieurs procureurs fédéraux dans le Minnesota. Récemment, un agent du FBI a également démissionné après avoir été mis sous pression pour abandonner une enquête sur les droits civiques concernant l’agent ICE impliqué dans la mort de Mme Good, selon le New York Times.

Le DHS a déjà été accusé de diffuser de fausses informations par le passé. L’année dernière, l’agence avait affirmé que tous les Vénézuéliens envoyés à la prison CECOT en El Salvador étaient membres du groupe criminel Tren de Aragua, une allégation démentie par des enquêtes de Mother Jones et d’autres médias.

Des inquiétudes quant à l’impartialité de l’enquête

Greg Bovino, un responsable de la Patrouille frontalière, a maintenu la version du DHS lors d’une conférence de presse samedi, affirmant que M. Pretti avait approché les agents avec une arme à feu. Il a esquivé les questions concernant le moment où les agents ont découvert l’arme et si M. Pretti l’avait brandie. M. Bovino a déclaré que la situation était “en évolution” et ferait l’objet d’une enquête “comme nous l’avons fait ces dernières années”.

Cependant, de nombreux observateurs expriment des doutes quant à la capacité de l’administration Trump à mener une enquête impartiale. Le bilan du DHS en matière de transparence et de responsabilité soulève des questions légitimes sur la crédibilité de ses déclarations et sur la possibilité d’obtenir une vérité complète sur les circonstances de la mort d’Alex Pretti.

Cet incident souligne l’importance d’une surveillance indépendante des forces de l’ordre fédérales et la nécessité d’une transparence totale dans les enquêtes sur les décès impliquant des agents fédéraux. La diffusion de la vidéo par Drop Site News a permis de mettre en lumière des contradictions flagrantes dans la version des faits du DHS, et a souligné le rôle crucial des médias indépendants dans la recherche de la vérité et la responsabilisation des pouvoirs publics.

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