Ghislaine Maxwell comparaîtra devant une commission du Congrès américain, invoquera son droit au silence
WASHINGTON (AP) – Ghislaine Maxwell, condamnée pour son rôle dans le réseau de trafic sexuel de Jeffrey Epstein, comparaîtra le 9 février devant la commission de surveillance et de réforme du gouvernement de la Chambre des représentants américaine. Cependant, elle invoquera son cinquième amendement constitutionnel, refusant de témoigner, ont indiqué ses avocats.
Cette convocation intervient après des mois de pression de la part des démocrates, qui réclamaient une audition sous serment de Maxwell et une divulgation plus rapide des documents liés à l’affaire Epstein. Le président de la commission, James Comer, a déclaré qu’il espérait que Maxwell changerait d’avis, soulignant l’importance d’entendre sa version des faits.
“Nous avons été en train de la faire témoigner depuis un certain temps”, a déclaré Comer. “Ses avocats ont indiqué qu’elle invoquerait son droit de ne pas s’auto-incriminer, mais nous avons fixé une date, le 9 février, pour sa déposition.”
L’affaire Epstein, qui a révélé un réseau d’abus sexuels impliquant des personnalités fortunées et influentes, continue de susciter l’indignation publique et des appels à la transparence. Maxwell, 64 ans, purge une peine de 20 ans de prison pour avoir aidé Epstein à abuser de mineures.
La convocation de Maxwell s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large de la commission sur le réseau d’Epstein et la gestion de l’affaire par le gouvernement américain. La commission examine également la lenteur de la publication des documents liés à l’affaire, malgré une loi exigeant leur divulgation, sauf pour protéger l’identité des victimes ou les enquêtes criminelles en cours.
Le cas a également mis en lumière les liens de Maxwell avec des personnalités de premier plan, notamment le prince Andrew, duc d’York, et l’ancien président américain Donald Trump. Des photographies de Maxwell et Epstein avec Trump à Mar-a-Lago ont refait surface, ravivant les questions sur les relations de l’ancien président avec le financier condamné.
[Image intégrée d’une photo de Trump, Knauss, Epstein et Maxwell à Mar-a-Lago, avec légende : Maxwell et Epstein étaient amis avec les Trump, passant du temps ensemble au club Mar-a-Lago. Source : Getty Images]
Parallèlement à la convocation de Maxwell, la commission a également avancé des résolutions de mépris du Congrès contre l’ancien président Bill Clinton et son épouse, Hillary Clinton, après qu’ils aient refusé de se conformer à des assignations à comparaître. Les Clinton ont contesté les assignations, affirmant qu’elles n’avaient aucun but législatif.
Angel Urena, un porte-parole des Clinton, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que le couple avait tenté de coopérer à l’enquête, mais qu’ils n’avaient eu aucun contact avec Epstein depuis plus de 20 ans.
[Intégration potentielle d’un tweet d’Angel Urena sur X concernant la coopération des Clinton à l’enquête.]
Le représentant Robert Garcia, membre démocrate de la commission, a accusé le ministère de la Justice américain d’accorder un “traitement de faveur” à Maxwell, soulignant la lenteur de la divulgation des documents et la résistance initiale à la convocation de Maxwell.
“Après des pressions de la part des démocrates de la commission de surveillance, le président Comer a finalement décidé de la faire témoigner”, a déclaré Garcia dans un communiqué. “Mais soyons clairs : la dissimulation se poursuit. Elle a bénéficié d’un traitement de faveur de la part du DOJ pendant des mois. Mettons fin à la dissimulation maintenant.”
Maxwell a fait appel de sa condamnation devant la Cour suprême des États-Unis en octobre, mais la Cour a refusé de se prononcer sur son cas. L’affaire continue de susciter un vif intérêt public et de soulever des questions sur la responsabilité des personnes impliquées dans le réseau d’Epstein et sur la nécessité d’une plus grande transparence dans les enquêtes sur les abus sexuels.
