Le prix du gasoil au Maroc a enregistré une baisse notable au 1er juillet 2026, s’établissant autour de 12,61 dirhams le litre, après une diminution de 96 centimes. Malgré ce recul, le Conseil de la concurrence exclut toute réforme immédiate du mécanisme de fixation des prix, invoquant l’instabilité géopolitique persistante autour du détroit d’Ormuz.

Une détente tarifaire enclenchée au 1er juillet 2026
Les automobilistes marocains bénéficient d’un allègement budgétaire depuis le début du mois de juillet. Le prix du carburant au Maroc recule nettement depuis le mercredi 1er juillet 2026, marquant une troisième baisse consécutive qui allège le budget des ménages. À Casablanca, les distributeurs ont placé les étiquettes moyennes du gasoil autour de 12,60 Dh/litre en ce début de mois.
Cette tendance favorable est confirmée par l’analyse des données de marché. Si les prix à la pompe affichent une synchronisation entre les différents opérateurs, Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence, a expliqué dans une déclaration à Hespress que cette simultanéité constitue un héritage de l’ancien système de subvention des carburants et ne traduit pas nécessairement une entente. Le président souligne par ailleurs que ce mode de fixation présente des avantages pour les consommateurs : en maintenant des prix stables pendant quinze jours, il évite des fluctuations quotidiennes susceptibles de surprendre les automobilistes, qu’il s’agisse de hausses ou de baisses.
La position du Conseil de la concurrence face aux tensions à Ormuz
Malgré la baisse des tarifs, le Conseil de la concurrence maintient une posture de prudence. L’institution attend la stabilisation de la situation géopolitique autour du détroit d’Ormuz avant d’envisager une évolution du mécanisme de fixation des prix. Ahmed Rahhou a indiqué que l’institution préfère différer toute modification du système tant que persistent les incertitudes liées aux tensions au Moyen-Orient. Selon le président, il est prématuré de revoir le dispositif en vigueur, la situation n’étant pas encore stabilisée et aucun accord décisif n’ayant été conclu sur le plan international.
Le Conseil a toutefois invité les sociétés de distribution de carburants à réfléchir à des solutions applicables une fois la crise régionale terminée. L’autorité n’entend pas imposer immédiatement une réforme du calendrier tarifaire, mais demande aux distributeurs de justifier le maintien du système actuel et de proposer, le cas échéant, des mécanismes alternatifs adaptés à un contexte plus apaisé. Ahmed Rahhou a souligné que la dynamique concurrentielle pousse naturellement les entreprises à ajuster leurs prix en fonction de leurs concurrents pour ne pas perdre de clientèle, un dispositif qui facilite également les opérations de contrôle menées par le Conseil.
Analyse des cours mondiaux et perspectives à six semaines
L’analyse technique des données hebdomadaires utilisées depuis mars 2020, puis journalières depuis le 19 janvier 2026, révèle une corrélation étroite. Les cours internationaux du pétrole et du gasoil sont synchrones. À titre d’exemple, le prix du pétrole a atteint une pointe à 116 US$ le 07 avril 2026. Depuis, le marché observe une période de baisse combinée des cours internationaux du pétrole et du gasoil, bien que cette baisse soit erratique.
Sans accès fréquent aux valeurs CAF au dédouanement, il est observé que l’évolution des prix TTC à la pompe au Maroc est synchrone avec celle des cours mondiaux du pétrole avec un retard de six semaines. Une corrélation parabolique à 87,00 % existe entre le cours du gasoil et le prix du pétrole. De même, le prix TTC à la pompe est corrélé aux cours internationaux du gasoil 42 jours avant, convertis de US$/tonne à Dh/litre.
Compte tenu de ce décalage de six semaines, les observateurs tentent d’anticiper ce qui devrait se passer si les distributeurs s’en tenaient à des comportements « normaux » au sens statistique. La justification d’une hausse des prix dans un contexte où les cours sont à la baisse n’est pas facile à faire avaler, contrairement à ce qui s’est passé mi-mars 2026, période marquée par des prix anormalement anticipés suite à l’attaque contre l’Iran. Si les conditions internationales continuent de s’améliorer, le président du Conseil de la concurrence anticipe la poursuite de la baisse des prix des carburants au Maroc. Les données confirment que les prix TTC à la pompe permettent de prévoir des prix « normaux » si l’on connaît les cours internationaux du gasoil, en intégrant une TIC à 2,42 Dh/litre ainsi que la marge brute et la TVA.
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