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Marchés : Nvidia freine Wall Street, tensions Iran-US et yen sous pression

Les marchés mondiaux résistent à la nervosité autour de l’IA, l’Iran et les incertitudes politiques

PARIS – Les marchés boursiers mondiaux ont affiché une résilience inattendue jeudi, malgré une nouvelle journée de turbulences pour les actions technologiques américaines liées à l’intelligence artificielle et des tensions géopolitiques persistantes. Si Wall Street a ressenti le poids du recul de Nvidia, les places financières asiatiques et européennes ont profité d’un flux de capitaux sortant du secteur technologique américain, suggérant que les craintes concernant l’IA pourraient être exagérées et que les valorisations élevées restent la principale source d’inquiétude.

Nvidia, géant des semi-conducteurs, a vu son action chuter de 5,5%, entraînant à la baisse les indices S&P 500 (-0,5%) et Nasdaq (-1,2%). Cependant, le Dow Jones a réussi à clôturer en légère hausse, témoignant d’une rotation des investisseurs vers des secteurs plus traditionnels.

Cette tendance s’est confirmée à l’échelle internationale. Le Nikkei 225 japonais et le FTSE 100 britannique continuent d’atteindre des sommets historiques, tandis que l’indice coréen KOSPI affiche une progression impressionnante de 54% depuis le début de l’année. Ces performances suggèrent que les entreprises non américaines susceptibles de bénéficier de l’essor de l’IA attirent les investissements.

Tensions géopolitiques et matières premières

L’incertitude géopolitique, notamment les progrès – bien que limités – des négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran, continue d’influencer les marchés des matières premières. Malgré des avancées signalées lors de discussions à Genève, l’absence de percée significative, en particulier concernant le programme balistique iranien, maintient une tension régionale élevée.

L’or, traditionnellement considéré comme une valeur refuge, a vu son élan au-dessus de 5 200 dollars freiné, mais reste soutenu par ces incertitudes. Le pétrole a également bénéficié de ce contexte, affichant une légère hausse d’environ 1% après une séance volatile. Le prix au comptant du pétrole se négocie autour de 5 180 dollars, tout en visant un gain hebdomadaire d’environ 1,5%.

Turbulences politiques et monétaires

Outre les tensions géopolitiques, les marchés restent attentifs aux développements politiques et monétaires. Au Royaume-Uni, la défaite du parti travailliste lors d’une élection partielle dans le Grand Manchester a suscité des spéculations sur une possible remise en question du leadership de Keir Starmer, sans pour autant provoquer de panique immédiate sur les marchés obligataires britanniques.

Le dollar, quant à lui, a terminé la semaine quasiment inchangé, malgré les fluctuations liées à une décision de la Cour suprême américaine annulant une grande partie des tarifs douaniers mis en place sous l’administration Trump. L’incertitude quant à la politique commerciale future des États-Unis et la possibilité de remboursements massifs aux entreprises ayant payé ces tarifs restent des facteurs de vigilance.

Cependant, les récentes déclarations hawkish des responsables de la Réserve fédérale américaine semblent avoir repoussé les anticipations de nouvelles baisses de taux d’intérêt à 2027, limitant ainsi la pression à la baisse sur le dollar.

Le yen sous pression, mais soutenu par les interventions potentielles

Le yen japonais a été la devise la plus performante de la semaine, malgré les pressions exercées par les déclarations du Premier ministre Takaichi, initialement opposé à une hausse rapide des taux d’intérêt par la Banque du Japon. Des remarques ultérieures plus hawkish de responsables de la BoJ ont permis au yen de se redresser, mais l’inflation en baisse dans la capitale, tombée sous la barre des 2% en février, a quelque peu affaibli ces intentions. Des avertissements répétés concernant une possible intervention sur le marché des changes par le ministre des Finances japonais contribuent toutefois à limiter la chute du yen autour du niveau de 156,00.

Les marchés restent donc dans une phase d’incertitude, oscillant entre les craintes liées à l’IA, les tensions géopolitiques et les incertitudes politiques et monétaires. La capacité des marchés mondiaux à résister à ces pressions témoigne d’une certaine confiance dans la capacité de l’économie mondiale à surmonter ces défis.

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