Les marchés financiers sous tension face aux incertitudes géopolitiques et à la fermeté de la Fed
PARIS – Les marchés mondiaux ont affiché des signes de nervosité jeudi, plombés par l’escalade des tensions au Moyen-Orient et la confirmation d’une politique monétaire américaine plus restrictive que prévu. L’attaque contre le champ gazier South Pars, exploité conjointement par l’Iran et le Qatar, a exacerbé les craintes géopolitiques, tandis que les déclarations du président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, ont refroidi les espoirs d’une baisse des taux d’intérêt en 2026.
La réaction initiale des marchés a été une forte hausse du dollar lors de la conférence de presse de la Fed, les taux d’intérêt augmentant en réponse à une attitude perçue comme inflexible de la part de Powell. Si les ventes du dollar se sont stabilisées en Europe, les dommages techniques infligés à plusieurs paires de devises n’ont pas été entièrement compensés.
Les autres grandes banques centrales ont, comme prévu, maintenu leurs politiques inchangées. La Banque du Japon, la Banque nationale suisse et la Riksbank suédoise n’ont pas modifié leurs taux. L’attention se porte désormais sur les décisions de la Banque d’Angleterre et de la Banque centrale européenne, qui devraient également rester sur la touche, mais dont les perspectives sur les risques seront scrutées à la loupe. Les analystes s’attendent à ce que les deux institutions signalent un manque d’urgence.
Tensions sur le marché des matières premières
Le prix du pétrole a également été affecté par les tensions géopolitiques. Le baril de May WTI oscille entre 91,45 et 99,75 dollars, tandis que le Brent de juin a atteint un nouveau sommet, dépassant légèrement les 112 dollars avant de se stabiliser.
L’or, traditionnellement considéré comme une valeur refuge, est sous pression, enregistrant sa septième session consécutive de baisse.
Devises : le dollar se renforce, l’euro en difficulté
L’euro a reculé face au dollar, passant d’un pic en début de journée à 1,1555 $ à un plus bas de 1,1450 $ lors de la conférence de presse de la Fed. La livre sterling a également subi des pressions, atteignant un plus bas à 1,3250 $ après avoir brièvement atteint 1,3380 $.
Le dollar s’est également renforcé face au yen japonais, dépassant les 159,75 JPY pour atteindre 157,90 JPY, en partie grâce à une augmentation de 6 à 10 points de base des taux américains.
L’aussie, quant à lui, a buté sur une résistance technique à 0,7125 $, avant de retomber sous les 0,7050 $.
Marchés émergents sous pression
Les marchés émergents ont été particulièrement touchés par le contexte actuel. Le peso mexicain a chuté, tandis que le yuan chinois a également subi des pressions, atteignant 6,9075 CNH. Le dollar indien a atteint un record de 92,6350 INR, fragilisé par les ventes de titres indiens et la demande de dollars des importateurs.
Actions et obligations en baisse
Les marchés boursiers sont en baisse, l’indice MSCI Asia Pacific ayant chuté de 1,5 % à 3,4 %. L’indice européen Stoxx 600 est également en recul, affichant sa deuxième plus forte baisse depuis le début de la guerre. Les contrats à terme sur les indices américains sont également en territoire négatif.
Les obligations n’offrent pas de refuge, les rendements augmentant dans la région Asie-Pacifique et en Europe. Le rendement du Trésor américain à 10 ans est légèrement supérieur à 4,27 %, tandis que le rendement à deux ans a bondi de 10 points de base pour dépasser 3,80 %.
Données économiques mitigées
Les données économiques publiées aujourd’hui ont eu un impact limité sur les marchés. Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis sont restées stables, tandis que l’enquête de la Fed de Philadelphie pour le mois de mars a probablement affiché une détérioration, mais trop tôt pour refléter pleinement l’impact de la guerre. Les ventes de logements anciens en janvier devraient avoir continué à baisser.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 0,75 %, tandis que les commandes de machines de base ont chuté de 5,5 % en janvier après une forte hausse en décembre. Le marché du travail australien a été mitigé en février, avec une création d’emplois compensée par une perte de postes à temps plein et une augmentation du taux de chômage.
Les décisions de la Banque d’Angleterre et de la Banque centrale européenne, attendues plus tard dans la journée, seront suivies de près pour tenter de déceler des indices sur l’orientation future de la politique monétaire.
