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Mamdani : polémique sur les liens de sa femme avec la Palestine

Le maire de New York, Zohran Mamdani, au cœur d’une controverse liée aux œuvres de son épouse

New York, 15 mars 2026 – Le maire de New York, Zohran Mamdani, est confronté à une tempête politique déclenchée par des œuvres antérieures de son épouse, Rama Duwaji, liées à la Palestine. L’affaire a pris de l’ampleur la semaine dernière, lorsque plusieurs médias d’extrême droite ont mis en lumière le travail de Duwaji, illustratrice indépendante, en lien avec l’auteure palestinienne américaine Susan Abulhawa.

La polémique porte sur une illustration réalisée par Duwaji pour un recueil d’écrits de Gaza intitulé « Every Moment is a Life », publié en ligne par « Everything is Political ». Abulhawa a précisé qu’il s’agissait en réalité d’une nouvelle écrite par une habitante de Gaza déplacée pendant la guerre. Intitulée « A Trail of Soap », elle décrit les difficultés rencontrées dans l’utilisation de toilettes publiques sommaires dans l’enclave.

Mamdani a affirmé que Duwaji avait été mandatée par un tiers et n’avait jamais rencontré Abulhawa, une affirmation que cette dernière a confirmée. Cependant, les rapports initiaux, notamment ceux du Washington Free Beacon, du New York Post et de Jewish Insider, ont également mis en avant des commentaires passés d’Abulhawa, jugés offensants par certains.

Certains critiques estiment que certains messages d’Abulhawa semblent viser tous les Juifs, une accusation que l’auteure rejette fermement. Elle explique que ses propos sont l’expression de la douleur ressentie en tant que Palestinienne ayant effectué deux voyages à Gaza pour y apporter une aide humanitaire pendant la guerre, qui a fait plus de 72 000 victimes palestiniennes depuis octobre 2023. Abulhawa a notamment décrit les attentats du 7 octobre 2023 comme un « moment spectaculaire qui a choqué le monde » et dénoncé ce qu’elle qualifie de « massacre de suprématistes juifs » à Gaza.

La réaction de Mamdani, qui a dénoncé les déclarations d’Abulhawa comme étant « abominables », a suscité des critiques de la part de certains de ses propres partisans. Ils craignent qu’il ne renforce des récits préjudiciables qui assimilent le soutien à la Palestine à l’antisémitisme.

Plusieurs commentateurs qui avaient auparavant soutenu Mamdani ont remis en question sa décision de répondre aux rapports, arguant qu’il ne faisait qu’alimenter des récits fallacieux. L’activiste Shaiel Ben-Ephraim l’a qualifié de « stupide de s’excuser et d’expliquer », estimant que « rien ne sera jamais suffisant pour les sionistes ». L’écrivain palestinien Mohammed El-Kurd a souligné que Mamdani avait été motivé à entrer en politique par la question des droits palestiniens, et qu’il était donc légitime de l’y tenir.

L’ancien fonctionnaire des droits de l’homme de l’ONU, Craig Mokhiber, a également exhorté Mamdani à prendre position, affirmant que « la peur n’est pas une base saine pour la politique à ce moment de l’histoire ».

Abulhawa a déclaré qu’elle n’était pas personnellement « fâchée » contre Mamdani, mais que la situation devait être une leçon. « Vous avez succombé à des forces qui cherchent à vous éroder, à votre talentueuse et belle épouse, et qui s’acharnent davantage à chaque excuse ou concession que vous faites », a-t-elle déclaré.

Cette controverse s’inscrit dans un contexte plus large de surveillance accrue à laquelle est confronté Mamdani, le premier maire musulman de la plus grande ville des États-Unis. Il a régulièrement été accusé d’antisémitisme pour avoir condamné la politique d’Israël et décrit ses actions à Gaza comme un « génocide ». Il a également aliéné certains de ses partisans en déclarant pendant la campagne qu’il « découragerait » l’utilisation de l’expression « mondialiser l’intifada », ce que certains ont interprété comme une capitulation face à des accusations infondées.

Parallèlement, plusieurs législateurs ont fait l’objet de peu de réprobations pour des publications ouvertement islamophobes à l’égard de Mamdani. Le sénateur républicain Tommy Tuberville a par exemple publié sur X une photo de Mamdani célébrant l’iftar à côté d’une photo des attentats du 11 septembre 2001, avec la légende : « L’ennemi est à l’intérieur des murs ».

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