Le cours de l’or a chuté sous le seuil des 4 100 dollars l’once, atteignant un plus bas de plus de deux mois, pénalisé par la flambée des cours pétroliers et la perspective d’un maintien de taux directeurs élevés par la Réserve fédérale américaine.
Le marché des métaux précieux traverse une zone de turbulences marquée par un net repli des cours. Le métal jaune a reculé pour s’établir à environ 4 044 dollars l’once, les investisseurs constatant que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient n’ont pas suffi à enclencher une vague d’achats de précaution d’envergure. D’autres plateformes de négoce ont enregistré des cotations similaires, le cours au comptant s’affichant sous la barre des 4 050 dollars au cours de la même séance.
La flambée des prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes
La baisse subite de l’or trouve son origine principale sur le marché de l’énergie. Les contrats à terme sur le pétrole brut Brent ont progressé de 4 % pour s’établir à 113,17 dollars le baril, touchant ainsi un plus haut depuis le mois de mai, tandis que le brut américain a atteint 99,47 dollars le baril, selon les informations rapportées par le service d’information financière Futu.
Cette accélération fait suite à une attaque menée par les Houthis contre les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite. Face aux risques de perturbations dans cette région stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial, les analystes de l’industrie redoutent un retour durable de l’inflation. David Meger, directeur du département métaux chez High Ridge Futures, a indiqué que la hausse des cours énergétiques alimente immédiatement les pressions sur les prix et renforce l’anticipation d’un resserrement monétaire prolongé.

Le resserrement monétaire de la Réserve fédérale en ligne de mire
Alors que la Réserve fédérale s’apprête à tenir sa réunion de politique monétaire, les opérateurs intègrent le scénario d’un loyer de l’argent élevé pour une période plus longue que prévu. Si les marchés s’attendent quasi unanimement à ce que les taux demeurent inchangés lors de la prochaine échéance, l’outil FedWatch de la Bourse de Chicago évalue à 90 % la probabilité d’une hausse des taux d’un quart de point d’ici le mois de décembre.
Cette perspective pèse lourdement sur les actifs ne versant aucun rendement, à l’instar des métaux précieux. Les obligations souveraines américaines continuent d’offrir des rendements attractifs qui détournent une partie des flux de capitaux du marché aurifère. Dans le même temps, le dollar s’est redressé, l’indice mesurant le billet vert face à un panier de devises s’établissant autour de 101,85, renforçant le coût de l’or pour les acheteurs munis d’autres monnaies.

Perspectives institutionnelles et stratégies des banques centrales
Malgré la correction constatée à court terme, les institutions financières maintiennent une lecture nuancée pour les trimestres à venir. La banque d’investissement canadienne CIBC Capital Markets a revu à la baisse ses estimations pour la fin de l’année, fixant sa cible pour le quatrième trimestre à 4 500 dollars l’once, tout en anticipant un cours moyen de 5 200 dollars pour l’année 2027.
Cette confiance à long terme repose sur le soutien structurel qu’apportent les achats réguliers des banques centrales et l’intérêt persistant des investisseurs institutionnels pour les fonds négociés en bourse (ETF). Selon les données du Conseil mondial de l’or, les ETF adossés à l’or physique ont engrangé des flux nets importants au cours du dernier trimestre, illustrant la volonté des investisseurs de conserver le métal comme protection contre les risques budgétaires et souverains mondiaux.
Pour aller plus loin