L’OMM prévoit un épisode d’El Niño historique et sans précédent

Une configuration météorologique exceptionnelle se dessine dans le Pacifique tropical, où les températures de surface de la mer pourraient grimper de 3,8 °C au-dessus de la moyenne entre novembre 2026 et janvier 2027. L’Organisation météorologique mondiale qualifie cet épisode d’El Niño de sans précédent, menaçant de perturber les climats de la planète entière.

L’alerte a été lancée à Genève par les dirigeants des Nations unies, face à des anomalies thermiques qui dépassent de loin les repères habituels des services de prévision. C’est littéralement hors des graphiques de surveillance que nous utilisons depuis quatre décennies, a déclaré Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale, lors d’un point de presse le 21 octobre 2026 (selon l’agence onusienne). Alors qu’une hausse de 0,5 °C suffit en temps normal pour déclencher une alerte, les prévisions actuelles tablent sur un pic centré sur le mois de décembre 2026, dont les contrecoups se feront ressentir bien au-delà de cette échéance.

Un bouleversement climatique mondial et des comparaisons historiques

Ce phénomène naturel réchauffe les eaux de surface du Pacifique central et oriental, modifiant la circulation atmosphérique et les régimes de précipitations à l’échelle du globe. Les météorologues rappellent que si El Niño obéit à un cycle naturel indépendant du réchauffement climatique, la hausse globale des températures de fond amplifie l’intensité de ces vagues de chaleur.

Les analyses d’imagerie satellite de la NASA montrent que la configuration actuelle présente de fortes similitudes avec les épisodes destructeurs de 1997-1998 et de 2015-2016, reconnus comme les plus puissants des décennies passées (comme l’explique FOX Weather). Néanmoins, l’intensité thermique projetée cette année dépasse les seuils mesurés lors de ces précédents majeurs, propulsant le climat mondial en territoire inconnu.

Des impacts contrastés en Amérique, en Afrique et au Royaume-Uni

Les répercussions géographiques se multiplient déjà à travers les continents, combinant sécheresses sévères et inondations catastrophiques. Dans le bassin du Paraná, en Amérique du Sud, les crues soudaines provoquées par les pluies torrentielles ont forcé des milliers de riverains à abandonner leurs foyers en Argentine et au Paraguay (rapporte ENCA). En Asie du Sud-Est, la baisse des précipitations et la hausse des températures font peser une menace directe sur la production agricole et aggravent les risques d’incendies et de brumes de fumée.

En Europe, l’Office météorologique britannique (Met Office) prévient que l’année 2027 pourrait battre des records absolus de chaleur sur son territoire. Nous devons être clairs : il s’agit d’un événement sans précédent, a souligné le professeur Adam Scaife, responsable des prévisions à long terme au Met Office.

L'OMM prévoit un épisode d'El Niño historique et sans précédent
Photo : BBC

La réponse humanitaire face à la menace des crises alimentaires

Face à la violence annoncée de cet épisode, les agences de l’ONU réclament des financements immédiats pour prêter secours aux populations les plus vulnérables. Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence, n’a pas mâché ses mots lors de l’annonce conjointe : Cet El Niño est un colosse, c’est une boule de démolition. Il traversera l’Amérique latine, l’Afrique orientale et australe, l’Asie et le Pacifique avec une chaleur extrême, des sécheresses et des inondations (selon CBC).

Je tire la sonnette d’alarme : le système humanitaire ne peut pas faire face seul à une menace de cette échelle.

Pour parer au plus pressé dans onze pays en première ligne, dont le Tchad, l’Éthiopie, la Somalie, le Soudan du Sud et le Salvador, le haut fonctionnaire a immédiatement débloqué plus de 50 millions de dollars provenant du Fonds central d’intervention d’urgence (comme le détaille UN News). Les organismes internationaux rappellent que les besoins s’annoncent colossaux, à l’image de la Somalie où l’Organisation internationale pour les migrations estime que près de 874 000 personnes risquent d’être déplacées par les inondations imminentes.

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