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Loi Karama en Mauritanie : le mouvement “Femmes Leader” entre urgence législative et controverses religieuses – Thaqafa

Loi Karama en Mauritanie : le mouvement “Femmes Leader” entre urgence législative et controverses religieuses – Thaqafa

2023-11-29 04:54:03

En marge des préparatifs de la célébration de la fête nationale de l’Indépendance le 28 novembre 2023, diverses manifestations ont éclaté à travers la Mauritanie. À Nouakchott, le mouvement Femmes Leader, regroupant des députées et militantes de la société civile, a pris part à une marche pour soutenir le projet de loi ‘Al Karama’ contre les violences envers les femmes, actuellement bloqué à l’Assemblée Nationale.

Des militantes lors de la marche du 28 novembre 2023 pour l’adoption de la loi contre les violences faites aux femmes.
Crédit Aidara

En Mauritanie, près de 70% des femmes sont confrontées à une forme de violence (physique, sexuelle, psychologique, économique). Cette alarmante réalité renforce la conviction des Femmes Leaders pour le Développement en Mauritanie (FLDM) selon laquelle le vote de la loi KARAMA est une urgence cruciale pour protéger les femmes et les filles mauritaniennes contre les différentes formes de violence, notamment les violences domestiques, les viols et les discriminations multiples qui sont leur quotidien depuis des décennies.

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Drapées de voiles et de boubous aux couleurs rouge vif et orange, les femmes membres du FLDM ont brandi des pancartes où étaient inscrits des slogans en arabe et en français dénonçant la violence faite aux femmes et aux filles qu’elles considèrent comme le comble de l’humiliation. Sur d’autres pancartes, on peut lire « pour briser le silence des femmes victimes de violence, appuyons la loi Karama ». Ou encore, « Marchons pour un avenir sans violence avec la loi Karama ».

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Ces messages poignants trouvent leur résonance dans la triste réalité où une grande partie des femmes mauritaniennes sont confrontées à des violences au quotidien. Ils s’inscrivent dans un combat qui vise à débloquer (au niveau du parlement mauritanien) l’une des lois les plus combattues par les groupes radicaux religieux. Ces groupes sont appuyés par certaines voix qui sont encore réfractaires à toute révolution contre le caractère machiste d’une grande partie de la société mauritanienne.

Des militantes lors de la marche du 28 novembre 2023 pour l’adoption de la loi contre les violences faites aux femmes.
Crédit Aidara

Controverse et opposition religieuse

L’ampleur du phénomène des violences sexuelles n’est lui pas bien connu, cette forme de violence étant encore souvent considérée par la population comme une affaire privée ! Peu de victimes osent porter plainte, par peur d’être stigmatisées, rejetées, punies, d’autant plus que la loi mauritanienne reste encore floue en ce qui concerne la pénalisation des violences basées sur le genre. La législation mauritanienne ne reconnaît toujours pas le viol marital.

Il faut rappeler que la loi sur les violences contre les femmes continue de faire l’objet de controverses en Mauritanie. La presse internationale s’est saisie de la question, comme les médias mauritaniens. Le 2 octobre 2023, à Nouakchott, plusieurs citoyens, imams et prédicateurs avaient profité de la rentrée parlementaire pour manifester devant le Parlement contre le projet de loi. Ces hommes soutiennent que les versions du texte sont contraires à l’Islam. L’État mauritanien, mais aussi les hautes instances religieuses du pays, avaient pourtant démenti ces allégations.

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La présidente de l’association, Mme Anna Aidara, considère que le combat pour l’éradication de toute forme de violence à l’égard des femmes est un combat qui ne doit pas mobiliser seulement les femmes. Selon elle, les hommes ont aussi le devoir de porter ce combat pour bannir toute forme de violence commise à l’encontre de cette frange. « Défendre cette cause qui fait partie des droits humains, c’est défendre aussi nos mères, nos sœurs, nos nièces et leur reconnaître le droit à la dignité » a-t-elle ajouté.

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La société civile mauritanienne continue ainsi d’exiger l’adoption de la loi « Al Karama » et la marche organisée par les femmes leaders à la veille du 28 novembre en est une parfaite illustration.

Cheikh Aïdara



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