L’Office fédéral des routes étudie des feux sur plus de 120 entrées d’autoroute

Le Bundesamt für Strassen teste des feux de régulation sur plus de 120 entrées d’autoroute afin d’endiguer la surcharge du réseau. Cette mesure acceptée de retenir le trafic aux bretelles génère des craintes de bouchons reportés sur les routes cantonales et locales, selon des documents internes révélés en octobre 2026.

Le plan des feux de régulation et les zones ciblées par l’Astra

Face à une saturation grandissante des axes nationaux, l’Office fédéral des routes étudie l’installation de dispositifs de dosage à plus de 120 emplacements à travers le pays. L’objectif est de fluidifier le trafic en cadenassant l’accès aux voies rapides grâce à des feux de signalisation qui gèrent le nombre de véhicules s’engageant simultanément sur le ruban asphalté.

Les régions urbanisées concentrent l’essentiel de ces points de mire. Dans le canton de Zurich, les rampes de Rüti sur l’A15 en direction de Reichenburg et d’Effretikon sur l’A1 font l’objet d’examens techniques dans les deux sens de circulation, tandis qu’à Brüttisellen, un équipement similaire est d’ores et déjà planifié sur l’A1 en direction de Zurich.

Quinze installations de ce type fonctionnent déjà à titre pilote dans plusieurs cantons, notamment à Berne, à Zurich, en Argovie, ainsi qu’à Nidwald. Parallèlement, l’Astra évalue la possibilité d’ouvrir les bandes d’arrêt d’urgence à la circulation lors des pics de forte affluence sur 24 tronçons distincts de routes nationales.

L'Office fédéral des routes étudie des feux sur plus de 120 entrées d'autoroute
Photo : Zürioberland24: News vom Zürcher Oberland

L’acceptation délibérée de files d’attente sur le réseau secondaire

Retenir les automobiles en amont des bretelles d’accès protège la fluidité de l’autoroute, mais déplace immanquablement les difficultés. Une note de service interne de l’administration fédérale, actée lors d’une réunion fin janvier 2025 après le rejet en votation populaire de l’élargissement des routes nationales, atteste que l’autorité fédérale assume pleinement cette conséquence secondaire.

D’après ces documents administratifs révélés par la presse, le déploiement de ces équipements doit progresser même si la mesure provoque des engorgements sur le réseau secondaire géré par les cantons et les communes. La porte-parole Sarina Keusch confirme ce compromis opérationnel, qualifiant le système de régulation par feux de seul moyen direct pour maîtriser les débits entrants.

Cette stratégie intervient alors que les infrastructures sont sous forte tension. En 2025, les services fédéraux ont recensé des heures de stagnation sur l’ensemble des axes nationaux, un volume en augmentation d’environ 20 pour cent par rapport à l’exercice précédent. Le département ministériel dirigé par Albert Rösti — âgé de 59 ans et membre de l’UDC — s’appuie sur des observations menées en Allemagne et aux Pays-Bas, où des dispositifs analogues ont permis d’accroître la capacité des entrées de l’ordre de cinq pour cent tout en réduisant la fréquence des accrochages.

L'Office fédéral des routes étudie des feux sur plus de 120 entrées d'autoroute
Photo : Blick

Les réactions critiques des villes et des cantons face à l’absence de concertation

L’annonce de ce vaste inventaire dresse les autorités locales et les administrations cantonales contre la cadence fédérale. Plusieurs instances institutionnelles déplorent n’avoir reçu aucune information préalable concernant les sites retenus dans leur périmètre.

Dans la région bâloise, où dix-neuf emplacements sont passés au crible, Daniel Hofer, s’exprimant pour le département des constructions et des transports du canton de Bâle-Stadt, formule de vives réserves quant à l’impact des files d’attente sur la voirie urbaine. Le canton de Schaffhouse exprime des réserves analogues, exigeant une coordination étroite entre la Confédération, les cantons et les municipalités avant toute concrétisation.

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Photo : 20 Min

Le Schweizerische Städteverband intervient également pour dénoncer le risque d’un report des nuisances dans les quartiers résidentiels. L’association faîtière souligne que la saturation des rues intérieures menace directement la sécurité des piétons et des cyclistes, tout en pénalisant les déplacements de mobilité douce.

Le débat politique et les défis techniques de la régulation dynamique

Les sensibilités politiques affichent des lectures partagées face au projet fédéral. La conseillère nationale écologiste Franziska Ryser soutient le principe de réguler les flux pour protéger la fluidité autoroutière, tout en pointant le risque inacceptable d’asphyxie des axes locaux.

À l’inverse, le conseiller national libéral-radical et administrateur du TCS Peter Schilliger plaide pour la priorité absolue accordée aux grands axes de transit. Il qualifie l’instrument d’efficace, à la condition qu’il demeure cantonné aux heures de pointe et activé selon des critères stricts de charge routière.

L’équilibre technique demeure particulièrement délicat à maintenir sur le terrain, comme le démontre l’installation déjà en service à Kirchberg BE dans le canton de Berne. Un dosage trop restrictif engorge immédiatement les routes d’amenée, tandis qu’un flux trop libéral replonge instantanément la voie principale dans les embouteillages. Aucune échéance contraignante n’a pour l’instant été fixée pour la concrétisation de ces nouveaux projets sur l’ensemble du territoire.

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