Le président Donald Trump a déclaré qu’une décision serait prise concernant la retransmission en direct de l’exécution de Nidal Malik Hasan, condamné pour la tuerie de Fort Hood en 2009. Cette perspective provoque de vives critiques bipartisan et des condamnations internationales à l’approche de la date fixée au 3 décembre.
Mercredi, lors d’un entretien à bord de l’USS Abraham Lincoln, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré que la sentence de l’ancien major de l’armée américaine serait publique afin de signifier qu’il existe de graves conséquences pour de tels actes, une annonce qui a pris de court l’appareil militaire et politique américain.
Nidal Hasan a été condamné à mort par un jury militaire en août 2013, après avoir ouvert le feu le 5 novembre 2009 dans un centre de préparation médicale de la base de Fort Hood, au Texas. L’attaque a coûté la vie à 13 personnes — douze soldats non armés et un ancien militaire retraité — et en a blessé 32 autres. C’est l’attentat le plus meurtrier commis sur une base militaire américaine. La directrice du Centre d’information sur la peine de mort, Robin Maher, a indiqué qu’il n’existait ni réglementation ni précédent pour diffuser une telle exécution en direct.

Hésitations au sommet de l’État sur la diffusion en direct
Le vice-président JD Vance a quant à lui exprimé son scepticisme quant à la réalité de cette retransmission, affirmant devant la presse qu’il ignorait si cela allait réellement se produire et qu’il refuserait, de toute façon, de visionner les images. D’autres responsables de l’administration, comme le secrétaire à la Sécurité intérieure Markwayne Mullin, ont défendu l’initiative en affirmant que le visionnage demeurait un choix individuel, estimant que personne n’est obligé de regarder et écartant tout risque accru d’instrumentalisation par des groupes violents.
Réprobation bipartisane et internationale face au projet de retransmission
Les réactions politiques ont traversé les lignes partisanes, unissant des élus démocrates et républicains dans la critique du projet. Le sénateur républicain Thom Tillis a qualifié la mesure de dangereuse, estimant qu’elle pourrait servir d’outil de recrutement pour les organisations terroristes. Le représentant républicain Austin Scott a abondé dans le même sens sur les réseaux sociaux, déclarant que diffuser des exécutions en direct relève des méthodes jihadistes, tandis que le sénateur républicain John Curtis a mis en garde contre une érosion de la civilisation cultivant un goût pour les exécutions spectaculaires. D’autres voix, à l’instar du représentant républicain Andy Ogles, ont en revanche soutenu la mesure.
Sur le plan international, le bureau des droits de l’homme des Nations unies a indiqué à l’Agence France-Presse qu’une telle diffusion équivaudrait à une exécution publique et constituerait une violation de l’interdiction absolue de la torture.
La Conférence des évêques catholiques des États-Unis a déclaré que « l’exécution publique, même d’une personne ayant commis un mal grave, ne fera qu’affaiblir davantage le tissu moral de notre nation et constituera une tache sur la conscience de son peuple ».

Familles de victimes et survivants partagés sur la mise en scène de la peine
Kristopher Craig, dont le frère de 22 ans, le soldat de première classe Michael Pearson, a péri dans la fusillade, a rédigé une lettre ouverte pour demander l’abandon du projet de retransmission, estimant que la mort de son frère est instrumentalisée pour justifier un spectacle public et ravivant des traumatismes profonds pour les familles endeuillées et les rescapés.
Alonzo Lunsford, un ancien militaire blessé à sept reprises par le tireur lors de l’attaque de 2009, a exprimé son intention d’assister à la sentence tout en qualifiant le projet de diffusion de mesure déshonorante pour les victimes. Il a déclaré espérer que le condamné utilise ses derniers instants pour exprimer des remords et assumer ses actes. D’autres familles, comme celle du survivant George Stratton III, ont exprimé le sentiment que la justice tardait à s’appliquer.
Précédent historique pour l’armée américaine
Si la sentence est exécutée par un peloton d’exécution comme prévu le 3 décembre, il s’agira de la première exécution militaire de ce type depuis la Seconde Guerre mondiale. La dernière exécution menée par l’armée américaine remonte au 13 avril 1961, date à laquelle le soldat John A. Bennett avait été pendu à Fort Leavenworth, dans le Kansas, après des condamnations pour viol et tentative de meurtre, portant à 135 le nombre total de militaires exécutés par les forces armées depuis 1916 selon les registres du Centre d’information sur la peine de mort.
Les spécialistes du droit pénal relèvent que la dernière exécution publique recensée aux États-Unis par une juridiction civile demeure la pendaison de Rainey Bethea en 1936 à Owensboro, dans le Kentucky.
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